C'est l'épilogue judiciaire d'une longue histoire commerciale née d'une émission culte. Le tribunal de commerce de Nanterre a condamné TF1 à verser près de 6,9 millions d'euros à Nicolas Hulot, rapportent plusieurs médias spécialisés. En cause : la vente, par la chaîne, de la marque Ushuaïa au groupe L'Oréal.

D'une émission à une marque

Lancée en 1987, l'émission Ushuaïa a fait de Nicolas Hulot une figure populaire de l'aventure et de l'environnement. Dans son sillage, TF1 a développé la marque Ushuaïa, déclinée en produits d'hygiène et de cosmétique sous licence. Un accord conclu dans les années 1990 prévoyait que la société de Nicolas Hulot perçoive un quart des recettes tirées de l'exploitation de la marque — un contrat qui a généré des redevances pendant près de trois décennies.

La vente à L'Oréal au cœur du litige

Le contentieux s'est noué autour de la cession de la marque à L'Oréal, finalisée pour plusieurs dizaines de millions d'euros, et de la résiliation par TF1 de son accord avec l'animateur. Estimant que sa part contractuelle restait due, Hulot a porté l'affaire devant la justice commerciale. Le tribunal lui a donné raison sur le principe : TF1 doit lui reverser 25 % du produit de la vente, soit les quelque 6,9 millions d'euros, selon Puremédias. La juridiction a également relevé que l'opération avait été menée sans que l'animateur en soit informé.

Une décision encore susceptible d'appel

Le jugement du tribunal de commerce n'est pas définitif : TF1 peut faire appel, et n'avait pas, à ce stade, communiqué sur ses intentions. Au-delà du cas Hulot, l'affaire illustre une tension désormais classique entre les créateurs de programmes et les groupes audiovisuels : à qui revient la valeur, parfois considérable, des marques nées d'une émission de télévision ? Quand un simple titre devient un actif commercial pesant des dizaines de millions, la question n'a plus rien d'anecdotique.