Tandis que la France suffoque, une file d'attente inattendue s'étire à Chamonix : celle du téléphérique de l'Aiguille du Midi. La raison ? Le froid. À en croire les visiteurs interrogés par Le Progrès, on monte là-haut « pour le froid », pour « fuir la chaleur » de la plaine.

Vingt minutes pour changer de saison

Le téléphérique part de Chamonix, à un peu plus de 1 000 mètres d'altitude, et grimpe en deux tronçons jusqu'au sommet de l'Aiguille du Midi, à 3 842 mètres. En une vingtaine de minutes seulement, on passe d'une chaleur estivale étouffante à un univers de haute montagne où, même en plein été, la température reste largement négative et le décor souvent enneigé. Un grand écart thermique de plusieurs dizaines de degrés, à ne pas affronter en simple tee-shirt.

La montagne, climatiseur naturel

Le phénomène n'est pas propre à Chamonix : à chaque épisode de chaleur, les sites d'altitude des Alpes voient affluer des visiteurs en quête de fraîcheur. Mais l'Aiguille du Midi fait figure de cas extrême : nulle part ailleurs, en France et de façon aussi accessible au grand public, on ne bascule aussi vite d'une fournaise de vallée à un paysage glaciaire.

Ce contraste, longtemps simple curiosité géographique, devient une véritable ressource touristique au fil de canicules de plus en plus fréquentes. Reste un paradoxe : ces mêmes montagnes-refuges sont aussi en première ligne du réchauffement, avec des glaciers qui reculent d'année en année. Le frais que l'on vient y chercher est, lui aussi, une ressource fragile.