Elle a passé sa carrière à ouvrir des portes restées closes ; elle s'installe désormais dans les bureaux où se décide l'arbitrage européen. Stéphanie Frappart, 42 ans, a été nommée à la direction de l'arbitrage de l'UEFA, annonce l'instance européenne. Elle succède à la Tchèque Dagmar Damková et rejoint l'équipe qui supervise la formation, l'évaluation et la désignation des arbitres sur le continent.

Une carrière de premières

Le palmarès de la Française se lit comme une liste de barrières franchies. Première femme à arbitrer un match de Ligue 1 (2019), première à diriger une grande rencontre européenne masculine (la Supercoupe de l'UEFA, la même année), première à officier en Ligue des champions masculine (2020), première à arbitrer un match de Coupe du monde masculine (Allemagne-Costa Rica, au Qatar en 2022), à la tête d'un trio entièrement féminin. Elle a aussi sifflé une finale de Coupe du monde féminine, une finale de Coupe de France et une finale de l'Euro féminin, rappelle L'Équipe. À cinq reprises, l'IFFHS l'a désignée meilleure arbitre du monde.

De la pelouse aux instances

Le passage du terrain à un poste de direction prolonge logiquement ce parcours. Dans ses nouvelles fonctions, Frappart aura son mot à dire sur la formation des arbitres et leur désignation pour les compétitions de l'UEFA. Une façon, pour celle qui a longtemps été seule de son genre au plus haut niveau, de peser durablement sur l'arbitrage de demain.

Au-delà du symbole

La nomination dépasse la portée individuelle. Les femmes restent rares aux postes de décision dans le football, et voir l'une des arbitres les plus respectées de sa génération accéder à la direction de l'arbitrage européen envoie un signal. Frappart, qui a toujours mis en avant le travail plutôt que le symbole, se retrouve désormais en position d'ouvrir, en coulisses cette fois, le chemin à d'autres.