Encore un report. Le tronçon sud de la ligne 15 du Grand Paris Express, censé constituer la première grande mise en service du nouveau métro de rocade francilien, accuse six mois de retard supplémentaires, repoussant l'ouverture au public.

Les tunnels sont prêts, pas les équipements

Le paradoxe est connu des grands chantiers : le plus spectaculaire — le creusement — est terminé depuis fin 2021, après le passage de plusieurs tunneliers. Ce qui bloque désormais, ce sont les phases moins visibles mais tout aussi critiques : installation des systèmes de signalisation, alimentation électrique, équipement et homologation des gares et du matériel roulant. Autant d'étapes de sécurité qui ne tolèrent aucun raccourci, et qui expliquent ce nouveau glissement de calendrier.

Un maillon clé du réseau

La ligne 15 Sud doit relier Pont-de-Sèvres (Hauts-de-Seine) à Noisy-Champs, à l'est, en desservant la petite couronne sans passer par Paris intra-muros — un tracé d'une trentaine de kilomètres et seize gares conçu pour offrir une rocade et soulager des lignes saturées comme le RER B ou la ligne 13. C'est le tronçon le plus avancé d'un programme tentaculaire : au total, le Grand Paris Express prévoit environ 200 kilomètres de lignes et 68 nouvelles gares, pour un coût désormais estimé autour de 40 milliards d'euros, avec un achèvement échelonné jusqu'au début des années 2030.

L'attente se prolonge pour les usagers

Pour les habitants de la banlieue sud et est — Villejuif, Créteil, Champigny-sur-Marne —, chaque report repousse la promesse de trajets plus directs et moins dépendants du passage par Paris. Après une succession de dates annoncées puis décalées au fil de la décennie, la prudence s'impose sur le nouvel horizon de mise en service. Reste que, cette fois, l'essentiel du génie civil est derrière : c'est la dernière ligne droite — la plus minutieuse — qui s'étire.