Quand il fait 40 °C dehors, une salle à 22 °C pendant deux heures vaut largement le prix du billet. La canicule a transformé les cinémas en refuges climatisés, et la fréquentation s'en ressent.

La fraîcheur, premier argument

À Tours, le directeur d'un grand multiplexe constate une fréquentation qui a « triplé » par rapport à la même période l'an dernier, au point de multiplier les séances de l'après-midi. Au Mans, un autre cinéma a vu son affluence doubler depuis le début de l'épisode. Beaucoup de spectateurs le reconnaissent volontiers : on vient d'abord pour la clim, on reste pour le film. Certains arrivent même bien en avance pour profiter de la fraîcheur un peu plus longtemps.

Des cinémas-refuges ouverts aux plus fragiles

Au-delà du commerce, certains font œuvre de service public. À Paris, des salles ont ouvert des séances gratuites pour les publics les plus vulnérables — jeunes, personnes âgées, femmes enceintes — afin de leur offrir un abri au frais aux heures les plus chaudes. Le phénomène n'est pas nouveau : lors des canicules précédentes, cinémas, médiathèques et autres lieux climatisés avaient déjà été transformés en « refuges » par plusieurs municipalités.

Un atout devenu structurel

Si la salle obscure tire ainsi son épingle du jeu, c'est aussi parce que la quasi-totalité des cinémas français sont aujourd'hui climatisés — un équipement devenu, en pleine multiplication des vagues de chaleur, autant un service qu'un argument commercial. Dans un pays où l'équipement des logements en climatisation reste limité, la place de cinéma s'impose comme l'une des manières les plus accessibles de passer quelques heures au frais. De quoi donner, aux exploitants, une raison de plus de sourire à l'été.