Que s'est-il réellement passé à l'Assemblée nationale ce 23 juin 2026 ? Les titres de presse divergent : certains évoquent une avancée du « principe » de l'aide à mourir, d'autres une « troisième lecture mal engagée ». Dans les faits, il s'agit d'un point d'étape, pas d'un vote final : les députés ont entamé l'examen en nouvelle lecture du texte, sans qu'aucune adoption définitive n'intervienne à ce stade.
Ce qui a été débattu et voté à ce jour
Premier marqueur du débat : une motion de rejet préalable défendue par le député Patrick Hetzel (Les Républicains) a été rejetée par 139 voix contre 91, selon l'AFP. L'examen au fond a donc pu se poursuivre. Les opposants ont déposé un grand nombre d'amendements — de l'ordre de 1 800 selon l'AFP, dont plus de 500 pour le seul groupe LR —, dans une démarche assumée d'obstruction. Le détail des articles adoptés ou rejetés en séance reste à consolider au fil des débats (À VÉRIFIER) ; en commission, le texte avait été adopté le 10 juin, avec le rétablissement du libre choix entre euthanasie et suicide assisté, d'après l'Assemblée nationale.
Pourquoi une lecture « mal engagée »
L'expression renvoie moins à un blocage de procédure qu'aux hésitations au sein même du camp favorable. Une centaine de députés se disaient encore indécis, selon franceinfo. Le point le plus sensible porte sur les modalités d'administration de la substance létale : le texte initial faisait de l'autoadministration (suicide assisté) la règle, l'intervention d'un tiers (euthanasie) restant l'exception. La version de commission a ravivé ce débat en réintroduisant un libre choix, jugé par certains source d'ambiguïté.
Ce que prévoit le texte
La proposition crée un droit à l'aide à mourir soumis à des conditions cumulatives : être majeur, résider de façon stable en France, être atteint d'une affection grave et incurable en phase avancée ou terminale, endurer des souffrances réfractaires, et exprimer une volonté libre et éclairée. La souffrance psychologique isolée ne suffit pas. Une procédure collégiale est prévue, la demande devant être réitérée et restant révocable à tout moment.
Mécanisme parlementaire et prochaines étapes
Le texte a déjà été adopté deux fois par l'Assemblée et rejeté deux fois par le Sénat ; la commission mixte paritaire du 2 juin ayant échoué, la navette se poursuit, et le gouvernement peut donner le « dernier mot » à l'Assemblée. Le calendrier annoncé prévoit un vote solennel à l'Assemblée le 30 juin, un nouvel examen au Sénat à partir du 7 juillet, puis le dernier mot aux députés le 15 juillet, rapporte Public Sénat. Les lignes de clivage restent transpartisanes, partisans et opposants se répartissant dans la plupart des groupes.



