Depuis quinze jours, nous rendons compte du feu du Gros Bessillon comme d'un épisode météorologique. Le point de situation publié hier soir change la nature du dossier.
Ce que dit la préfecture
Selon le point de situation n° 50 de la préfecture du Var, publié mardi 4 août à 20 heures, six départs de feu suspects sont survenus depuis le 24 juillet dans le secteur du Gros Bessillon.
Des enquêtes sont en cours, et les gendarmes recherchent activement des suspects pour incendie volontaire.
Cette formulation, dans un document dont le registre habituel est celui des moyens engagés et des routes coupées, n'est pas anodine. La presse en tire la même conclusion : Le Parisien et Ouest-France rapportent que l'hypothèse d'actes volontaires est sérieusement envisagée pour la reprise du feu.
Il faut lire ces mots pour ce qu'ils sont. Six départs suspects ne constituent pas six incendies volontaires établis, et personne n'est mis en cause à ce stade. Mais six départs sur un même secteur en douze jours forment une série, et une série n'est pas une coïncidence météorologique.
L'état du feu
Le reste du point est encourageant, et il faut le dire aussi.
Aucun nouveau départ ni aucune reprise n'ont été constatés dans la journée de mardi. Plus de 1 250 sapeurs-pompiers restaient engagés, et les hélicoptères bombardiers d'eau ont effectué 52 largages. Le travail porte désormais sur les lisières et les points chauds.
Deux routes départementales restent fermées : la RD 22 entre Montfort et Le Val, et la RD 554 entre Châteauvert et Le Val.
L'épuisement, et ce qu'il dit
Un passage du communiqué mérite d'être relevé, parce qu'il est rare.
La préfecture évoque l'épuisement des personnels après un feu d'une durée inhabituelle, et indique qu'une cantine scolaire a été ouverte pour servir des repas complets aux sapeurs-pompiers, avec l'appui des cuisiniers du département et de la préfecture.
Une administration qui écrit cela ne fait pas de la communication. Elle signale qu'un dispositif tenu depuis deux semaines atteint ses limites humaines, et que la logistique la plus élémentaire, nourrir des gens correctement, est devenue un enjeu opérationnel.
Le mistral revient jeudi
C'est l'échéance qui commande tout le reste : les équipes travaillent contre la montre avant le retour du mistral, attendu jeudi.
Deux décisions préfectorales en découlent, et elles concernent directement les habitants comme les vacanciers.
L'interdiction de transport de bidons de carburant est prolongée jusqu'au samedi 8 août. Et le préfet demande aux communes d'annuler leurs feux d'artifice, compte tenu du niveau de danger.
Cette dernière consigne tombe en pleine saison des fêtes votives. Elle sera impopulaire dans certains villages. Au vu des six départs suspects et du mistral annoncé, elle est difficile à discuter.



