Un violent orage a frappé la Haute-Savoie mardi. Selon La Nouvelle République, BFMTV, Le Parisien, 20 Minutes, Sud Ouest et le groupe EBRA, la brusque montée des eaux d'une rivière et une coulée de boue ont surpris des personnes à Sixt-Fer-à-Cheval.

Une personne a été emportée et était toujours recherchée. Quinze autres ont été évacuées par hélitreuillage.

Nous n'avons pas pu ouvrir ces articles et ne connaissons donc ni l'identité des personnes concernées, ni le cours d'eau exact, ni l'issue des recherches. Nous nous en tenons à ce que rapportent six rédactions, et nous n'écrirons pas qu'une personne est morte tant que cela n'aura pas été annoncé.

Pourquoi ces crues laissent si peu de temps

C'est ce qu'il faut comprendre, parce que le réflexe intuitif est le mauvais.

Une crue éclair se définit par une montée très rapide des eaux, de quelques minutes à quelques heures. Elle est déclenchée par des pluies intenses et localisées, typiquement un orage stationnaire, et aggravée par des sols déjà saturés ou par des surfaces imperméables.

Trois caractéristiques la rendent redoutable. Elle survient en aval, souvent loin de l'endroit où il pleut : on peut être emporté par une eau tombée sur un versant qu'on ne voit même pas. Elle prend de la force en se propageant. Et elle est, par nature, inattendue.

C'est ce dernier point qui explique le bilan humain habituel de ces épisodes. Les victimes ne sont presque jamais des gens qui ont sous-estimé un danger visible : ce sont des gens pour qui le danger n'était pas encore visible quand il était encore temps de partir.

Le courant, lui, emporte véhicules et objets. Une eau chargée de boue, de blocs et de bois n'a rien à voir avec l'eau d'une rivière ordinaire : elle pèse plus lourd, elle frappe, et on ne la remonte pas à la nage.

Ce que ce relief ajoute au risque

Sixt-Fer-à-Cheval n'est pas un lieu quelconque. La commune abrite le cirque du Fer-à-Cheval, l'un des grands sites naturels des Alpes, dans la vallée du Giffre.

Or la géographie qui fait la beauté du lieu est exactement celle qui fabrique les crues soudaines : des parois hautes, des bassins versants courts et pentus, et des dizaines de cascades. L'eau qui tombe sur ces versants n'a aucun trajet d'amortissement. Elle arrive au fond de la vallée presque immédiatement, et toute ensemble.

Les consignes, en montagne, l'été

Elles tiennent en quelques gestes, et ils ne coûtent rien.

Consultez la vigilance orages avant de partir, et méfiez-vous des après-midi de forte chaleur, moment de formation privilégié des orages de montagne.

Ne campez pas et ne bivouaquez pas sur les bancs de galets au bord d'un torrent, même par grand beau temps. Ces bancs existent précisément parce que la rivière y passe régulièrement.

Si l'eau monte ou se charge de boue, si le bruit du torrent change, si des branches descendent le courant, quittez immédiatement le lit et gagnez de la hauteur, sans chercher à récupérer vos affaires. Quelques mètres d'élévation suffisent presque toujours.

Ne traversez jamais un gué en crue, à pied ni en voiture. C'est la situation qui tue le plus souvent, parce qu'elle donne l'illusion d'un franchissement rapide.

Nous mettrons cet article à jour si les recherches aboutissent.