Il y a des lignes, dans un communiqué administratif, qui valent un titre. Celle-ci se trouve dans le point de situation de lundi soir : pour la première fois depuis deux semaines, aucune évacuation ni aucun confinement n'a été nécessaire.

Ce que dit le point de 20 heures

Selon le point de situation n° 48 de la préfecture du Var, publié lundi 3 août à 20 heures, le feu du Gros Bessillon en est à son quatorzième jour et reste actif, avec de nombreux points chauds que les équipes continuent de traiter.

Une reprise s'est déclarée entre Barjols et Châteauvert, qui a nécessité l'appui des moyens aériens.

Et pourtant, le bilan de la journée est bon. Malgré un vent de sud soutenu, avec des rafales à 50 km/h, le feu n'a pas progressé. C'est le résultat qui compte : sur ce feu, chaque épisode venteux s'était jusqu'ici traduit par des hectares supplémentaires et des habitants déplacés.

Les moyens, et ce qu'ils font vraiment

Mille cinq cents sapeurs-pompiers restent mobilisés. Quatre hélicoptères bombardiers d'eau ont effectué plus de cent largages dans la journée.

Le travail le moins visible est peut-être le plus déterminant. Les unités militaires et forestières ont débroussaillé des dizaines d'hectares et ouvert 25 kilomètres de pistes d'accès. C'est ce qui permet aux engins d'atteindre les lisières et de traiter les points chauds avant qu'un coup de vent ne les réveille : un feu se gagne autant à la pelle mécanique qu'à la lance.

Côté sécurité, 120 gendarmes et deux drones sont déployés, pour la surveillance comme pour l'enquête.

Circulation

Trois routes départementales restent fermées dans le secteur compris entre Correns, Barjols, Châteauvert et Le Val : la RD 45, la RD 22 et la RD 554.

Comme depuis le début de cet épisode, ces axes servent de voies de manœuvre. Les contourner par des pistes ou des chemins forestiers, c'est risquer de croiser un engin en intervention dans un virage sans visibilité.

Ce qu'il faut attendre

La préfecture indique que les conditions actuelles devraient se maintenir jusqu'à mercredi ou jeudi, avant un changement de régime de vent.

C'est la donnée à garder en tête, et elle tempère l'embellie. Ce feu a déjà administré deux fois la même leçon : déclaré fixé après huit jours, il est reparti le 31 juillet sous mistral, puis à nouveau le 2 août dans le vallon de Piaou. À chaque fois, c'est un basculement de vent qui a relancé des foyers que l'on croyait maîtrisés.

Quatorze jours, 1 500 pompiers et un périmètre de 270 kilomètres à surveiller : ce qui se joue maintenant n'est plus une bataille contre un front de flammes, c'est une course d'endurance contre la prochaine rafale.