C'est un retour, et dans le football des sélections, les retours sont rarement de bonnes nouvelles. Celui-ci pourrait faire exception. Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, onze ans après avoir offert aux Éléphants leur Coupe d'Afrique des nations, rapportent Franceinfo et France 24.
Le record qui le distingue
Né le 30 septembre 1968 à Aix-les-Bains, Hervé Renard a eu une carrière de joueur des plus modestes : une seule apparition en Ligue 1, en 1988-1989, et l'essentiel du parcours dans les divisions inférieures. C'est sur le banc que tout s'est joué.
Il est le premier entraîneur à avoir remporté deux Coupes d'Afrique des nations avec deux sélections différentes, et la manière mérite d'être racontée.
En 2012, avec la Zambie, il gagne la finale contre la Côte d'Ivoire, aux tirs au but, 8-7 après un 0-0. Trois ans plus tard, en 2015, il gagne la finale à la tête de la Côte d'Ivoire, contre le Ghana, aux tirs au but également, 9-8 après un 0-0.
Deux finales, deux 0-0, deux séances interminables, et un adversaire devenu employeur. Peu de trajectoires d'entraîneur offrent une symétrie pareille.
Un parcours qui a beaucoup circulé
La suite l'a mené loin des bancs africains, avant d'y revenir.
Maroc, 2016-2019 : qualification pour la Coupe du monde 2018. Arabie saoudite, 2019-2023, avec ce qui reste l'un des plus grands exploits de l'histoire récente du Mondial, la victoire 2-1 contre l'Argentine lors du premier match d'une compétition que les Argentins allaient pourtant remporter.
Puis l'équipe de France féminine, en 2023-2024, un passage plus court et plus discuté. Et enfin la Tunisie, brièvement, en 2026.
C'est ce dernier épisode qui donne au retour ivoirien son relief : Renard arrive après une expérience qui n'a pas fonctionné, dans le pays où il a laissé son meilleur souvenir.
Ce qui l'attend
Trois observations, sans pronostic.
La méthode est connue. Elle repose moins sur un système de jeu que sur la construction d'un groupe et sur la conviction transmise à des joueurs dispersés dans des championnats européens différents. C'est un profil de sélectionneur au sens strict, pas de manager de club.
Le contexte ivoirien est exigeant. La Côte d'Ivoire fait partie des nations qui considèrent la CAN comme un objectif normal, pas comme un accomplissement. Un titre au palmarès protège quelques mois, pas davantage.
Le calendrier africain ne laisse pas respirer. Entre qualifications continentales et mondiales, un sélectionneur dispose de très peu de temps d'entraînement réel avec son groupe. La capacité de Renard à installer vite quelque chose, qui avait fait son succès en Zambie avec un effectif sans vedettes, sera de nouveau la variable décisive.



