Devenu en une décennie un poids lourd du financement de la fiction française, Netflix demande désormais aux autorités de plafonner ses obligations d'investissement dans la création hexagonale, rapporte Le Monde.

Le principe : investir une part de son chiffre d'affaires

En France, les plateformes de streaming réalisant un chiffre d'affaires significatif doivent en consacrer une part — de l'ordre de 20 % — à la production audiovisuelle et cinématographique française et européenne. Ce cadre a fait de Netflix l'un des grands financeurs de séries et films français, dont certains succès mondiaux (comme Lupin).

Pourquoi Netflix veut un plafond

Le hic, pour la plateforme : ses obligations étant proportionnelles à son chiffre d'affaires français, leur montant grimpe mécaniquement à mesure que ses revenus augmentent. Netflix réclame donc un plafond au-delà duquel sa contribution n'augmenterait plus. Le groupe avance qu'il investit déjà beaucoup, et plaide pour une meilleure prévisibilité de ses engagements.

La filière s'inquiète

Les producteurs et organisations du cinéma français y sont hostiles. Le modèle français repose précisément sur l'idée que plus une plateforme gagne d'argent sur le sol français, plus elle finance la création locale. Plafonner reviendrait, selon eux, à rompre ce lien et à risquer une baisse des commandes à terme. L'enjeu dépasse Netflix : une issue favorable pourrait inciter d'autres plateformes à demander la même chose, et rouvrir tout le débat sur le financement — pilier de l'« exception culturelle » française. Une éventuelle évolution supposerait une révision du cadre réglementaire, sous l'œil du CNC et de l'Arcom.