Nouveau coup dur pour l'industrie bretonne. La Fonderie de Bretagne, à Caudan dans le Morbihan, va demander son placement en redressement judiciaire, rapporte Le Progrès. Quelque 266 salariés sont concernés ; un comité social et économique extraordinaire doit les informer dans les prochains jours, précise France Bleu.

Une dépendance jamais soldée

Créée dans les années 1960 par Renault, la fonderie a longtemps produit des pièces en fonte pour l'automobile, employant jusqu'à plus d'un millier de personnes. Au fil des décennies, elle a changé plusieurs fois de mains — Renault, repreneurs italiens, fonds d'investissement — avant d'être cédée pour un euro symbolique, le constructeur réduisant progressivement ses commandes. La bascule vers le véhicule électrique, qui n'utilise pas les mêmes pièces moulées, a aggravé la chute des volumes.

Europlasma, des promesses non tenues

Reprise en 2025 par Europlasma, qui s'était engagé à préserver les emplois, à investir et à diversifier l'activité (notamment vers la défense), la fonderie n'a pas vu ces promesses se concrétiser. Un incendie ayant détruit un four début 2026 a paralysé la production pendant des mois. Le redressement judiciaire ouvre désormais une période d'observation, le temps de chercher un repreneur — ou, faute de solution, d'envisager la liquidation.

Un enjeu social et industriel

Au-delà des 266 emplois directs, c'est tout un bassin déjà fragilisé qui s'inquiète. Des voix s'élèvent pour réclamer l'intervention de l'État afin de préserver l'outil industriel. Le dossier illustre les difficultés de la sous-traitance automobile française, prise en étau entre la baisse de la demande, la transition électrique et la fragilité de ses repreneurs successifs.