Un an déjà. La loi destinée à « sortir la France du piège du narcotrafic », promulguée en 2025, fait l'objet d'un premier bilan, détaille Le Progrès, dans un pays où la violence liée à la drogue n'a pas faibli.

Ce que la loi a instauré

Pièce maîtresse du texte : la création d'un parquet national spécialisé dans la criminalité organisée, sur le modèle des parquets dédiés au terrorisme ou à la finance, pour centraliser les poursuites contre les grands réseaux. La loi a aussi durci les conditions de détention des trafiquants les plus dangereux (pour couper les réseaux pilotés depuis la prison), créé le « dossier coffre » — qui restreint l'accès de la défense à certaines pièces sensibles afin de protéger sources et méthodes — et étendu les outils d'enquête (surveillance, saisies d'avoirs).

Un bilan encore difficile à mesurer

Un an après, le parquet spécialisé est opérationnel, mais son bilan chiffré reste partiel et difficile à établir publiquement à ce stade. Les premières affaires concerneraient surtout des réseaux d'importation transitant par les grands ports. Le ministère de la Justice met en avant une meilleure coordination des enquêtes entre juridictions ; les détails restent toutefois rares, pour ne pas fragiliser les procédures en cours.

Des critiques sur les libertés

Le texte n'a pas fait l'unanimité. Des organisations de défense des droits ont contesté certaines dispositions — au premier rang desquelles le « dossier coffre » — au nom des droits de la défense, et le Conseil constitutionnel a encadré une partie du dispositif. Des magistrats pointent par ailleurs un enjeu de moyens : un parquet spécialisé n'est efficace que si les services d'enquête et d'instruction qui l'accompagnent disposent des effectifs nécessaires. Le débat, lui, reste entier : sans action sur la demande de stupéfiants, l'effet du seul volet répressif pourrait s'essouffler.