Une avancée diplomatique, mais loin d'un traité de paix. Israël et le Liban ont signé vendredi 26 juin à Washington un accord-cadre sous l'égide des États-Unis, rapportent l'AFP et la presse internationale. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio y voit une « première étape vers la paix ».

Ce que prévoirait l'accord

Le texte, dont l'intégralité n'avait pas été publiée au moment de la signature, fixerait surtout des principes : une désescalade conditionnée, des « zones pilotes » dans le sud du Liban où seules les Forces armées libanaises exerceraient le contrôle (à l'exclusion de tout groupe armé non étatique), un retrait israélien progressif selon une logique de réciprocité, et un soutien à l'armée libanaise. Les cartes précises, le calendrier et les mécanismes de vérification restent toutefois à confirmer.

Des déclarations prudentes côté officiel

Marco Rubio a salué un pas vers une « paix et une sécurité durables ». Côté libanais, l'accord a été présenté comme une étape vers le rétablissement de la souveraineté du pays ; côté israélien, on insiste sur la mise à l'écart du Hezbollah et de l'Iran. Chacun met donc l'accent sur ses propres lignes rouges.

Le Hezbollah dit non

Surtout, le Hezbollah rejette l'accord. Son chef Naïm Qassem a exigé un retrait israélien « inconditionnel » et refusé toute normalisation ou contrepartie bénéficiant à Israël, selon Al Jazeera. Cette opposition illustre la fracture interne libanaise, entre un gouvernement favorable à la négociation et un mouvement qui en conteste le principe même.

Un contexte encore fragile

L'accord intervient après deux années de conflit ouvert entre Israël et le Hezbollah, un cessez-le-feu conclu fin 2024 et des tensions persistantes. Il s'inscrit dans la lignée de la résolution 1701 de l'ONU, qui proscrit les groupes armés au sud du Litani — un texte dont l'application est restée partielle. Première étape, donc, mais sur un terrain miné.