Un surnom qui blesse, et qu'on finit par porter comme une armure. Dans une longue interview au Monde, les frères toulousains Bigflo & Oli racontent avoir été longtemps moqués sous le sobriquet de « cafards du rap français » — des indésirables trop tenaces pour qu'on s'en débarrasse.
Des frères de Toulouse
Florian et Olivio Ordoñez, frères nés à Toulouse, rappelle Wikipédia, forment l'un des duos les plus populaires du rap français, révélés à la fin des années 2010. Leur tube « Dommage », devenu un classique des radios, a installé une recette : un rap accessible, mélodique, aux textes positifs, qui parle à un très large public — familles comprises.
Populaires, mais boudés par les puristes
C'est précisément ce succès grand public qui leur a valu la condescendance d'une partie du milieu, qui cultive volontiers la posture et l'authenticité revendiquée. Trop souriants, trop consensuels pour être « crédibles » aux yeux des puristes : le duo a essuyé sa part de mépris. Plutôt que de plier, les deux frères ont choisi d'encaisser — et leur longévité leur a, au fond, donné raison.
Tenir bon
Au-delà de l'anecdote du surnom, l'entretien dit quelque chose de leur trajectoire : celle d'artistes qui ont assumé leur place, entre reconnaissance populaire massive et reconnaissance critique plus disputée. Une manière de rappeler que, dans le rap français comme ailleurs, le jugement des puristes et celui du public ne coïncident pas toujours — et que la durée, parfois, tranche le débat.



