C'est l'une des annonces du sommet franco-italien d'Antibes. Emmanuel Macron et Giorgia Meloni ont affiché ce 25 juin leur volonté de co-piloter une coalition multinationale pour prendre le relais de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), rapporte Franceinfo.

Le compte à rebours de la FINUL

Déployée depuis 1978 dans le sud du Liban, la FINUL voit son mandat s'achever fin 2026, le Conseil de sécurité ayant programmé un retrait progressif de ses milliers de Casques bleus à partir de janvier 2027. Or France et Italie comptent parmi ses principaux contributeurs — plusieurs centaines de soldats chacune. D'où l'urgence, pour Paris et Rome, d'imaginer un dispositif de relais qui éviterait un vide sécuritaire au Liban-Sud. Macron a prévenu : sans initiative, les premières mesures de retrait s'enclencheront « mécaniquement », souligne Le Monde.

Une coalition « en soutien de l'armée libanaise »

Le projet franco-italien viserait à appuyer et former l'armée libanaise, afin qu'elle étende son autorité dans le Sud. Paris et Rome plaident pour « le mandat le plus clair » et « le plus grand nombre de pays possible », évoquant aussi une éventuelle mission européenne. L'objectif affiché : consolider l'État libanais et empêcher que la région ne redevienne un foyer d'escalade.

Un terrain semé d'obstacles

L'initiative se heurte toutefois à de lourds blocages. Israël conditionne tout retrait de ses forces du sud libanais au désarmement préalable du Hezbollah, qui refuse de déposer les armes et bénéficie du soutien de l'Iran. Washington, de son côté, se montre réservé, privilégiant un mécanisme sous leadership américain. Quant au cadre juridique et au financement d'une telle coalition, ils restent à définir. Acteur historique au Liban, la France joue là une partie diplomatique délicate — où il s'agit autant de stabiliser le pays que d'éviter d'y être marginalisée.