Nouveau coup de rabot dans l'appareil industriel de Michelin. Le groupe français a annoncé la fermeture progressive de son usine BFGoodrich de Tuscaloosa, en Alabama, d'ici la fin 2028, rapporte Franceinfo. Le site, qui fabrique des pneus pour les loisirs et le tout-terrain, emploie environ 1 200 personnes.

Surcapacités et concurrence

Michelin justifie sa décision par des sous-utilisations de capacités : ses deux usines nord-américaines de pneus BFGoodrich — Tuscaloosa et Fort Wayne, dans l'Indiana — tourneraient bien en deçà de leur potentiel, sur un segment où la concurrence, notamment asiatique, s'intensifie. Plutôt que d'investir dans les deux sites, le groupe choisit de concentrer la production à Fort Wayne. L'opération s'accompagnera d'une provision de l'ordre de 220 millions d'euros dans les comptes 2026. Le démantèlement débuterait début 2027.

Onde de choc locale

À Tuscaloosa, la nouvelle a été reçue comme un coup dur. Le maire de la ville a fait part de sa préoccupation pour les familles concernées et promis un accompagnement des salariés. Michelin assure de son côté vouloir négocier avec les représentants du personnel les conditions de départ et aider les employés à rebondir.

Une série de fermetures qui touche aussi la France

Cette annonce n'est pas isolée. Fin 2024, Michelin avait déjà décidé de fermer ses sites français de Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan), invoquant la perte de compétitivité de l'Europe face à la concurrence asiatique. Le groupe avait aussi arrêté un site en Oklahoma. Numéro deux mondial du pneu derrière Bridgestone, le fabricant clermontois adapte son outil industriel à un marché sous tension — au prix, à chaque fois, de centaines d'emplois supprimés.