C'est une hécatombe silencieuse de la canicule. Près de 8 500 poulets ont été retrouvés morts dans un élevage du Pas-de-Calais, terrassés par la chaleur en l'espace de quelques heures, rapportent Le Parisien et Franceinfo.

Pourquoi la volaille est si exposée

Les poulets élevés en bâtiment comptent parmi les animaux les plus vulnérables aux coups de chaleur. Ils ne transpirent pas et n'évacuent la chaleur que par la respiration : passé un certain seuil de température, leur organisme ne parvient plus à se réguler, et la mort survient vite. Les systèmes de ventilation des bâtiments, conçus pour des conditions normales, sont vite dépassés quand l'air extérieur frôle ou dépasse 40 °C ; la brumisation, elle, peut même aggraver la situation si l'humidité grimpe trop.

Un phénomène qui frappe toute la France

Le cas du Pas-de-Calais n'est pas isolé. La vague de chaleur provoque des pertes massives dans les régions d'élevage avicole, notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire, où des exploitations ont signalé des milliers d'animaux morts en une seule nuit. Les services d'équarrissage, débordés, ont vu les volumes exploser, au point que l'enfouissement d'urgence des carcasses a dû être autorisé sous conditions dans certains secteurs.

Des pertes lourdes, une question de fond

Pour les éleveurs touchés, le préjudice est considérable — des cheptels parfois décimés, rarement intégralement couverts par les assurances. Au-delà du choc immédiat, la répétition de ces épisodes pose la question de l'adaptation des bâtiments d'élevage : meilleure isolation, ventilation renforcée, ombrage et végétalisation. À mesure que les canicules se multiplient, ce qui relevait de l'exception devient un risque récurrent pour toute une filière.