Plus de 11 000 marins ont commencé à être évacués des navires bloqués dans et autour du détroit d'Ormuz, a annoncé le 23 juin 2026 l'Organisation maritime internationale (OMI), l'agence des Nations unies chargée du transport maritime. Son secrétaire général, Arsenio Dominguez, a dit lancer « la mise en œuvre du plan d'évacuation pour plus de 11 000 marins toujours bloqués dans la région », selon le communiqué de l'OMI.

Qui évacue qui, et depuis quand

L'opération est coordonnée par l'OMI « en étroite coopération avec l'Iran, Oman, (…) les États-Unis et l'industrie maritime », avec « les garanties de sécurité nécessaires ». Les navires sortiront de façon échelonnée par deux corridors maritimes temporaires, rapporte Al Jazeera. Les équipages étaient bloqués depuis le 28 février 2026, début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, Téhéran ayant alors fermé de fait le détroit. Le déblocage fait suite à un mémorandum d'entente signé la semaine précédente entre Washington et Téhéran. L'OMI fait par ailleurs état de 14 marins décédés durant le conflit (circonstances À VÉRIFIER).

Le sort des marins

Le nombre exact de navires et le calendrier précis restent à confirmer (À VÉRIFIER) ; les nationalités des équipages n'ont pas été détaillées, mais le secteur emploie massivement des marins indiens et philippins. Dès le 2 mars, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) avait classé le détroit en zone à haut risque, ouvrant aux marins le droit de refuser d'y naviguer, et rappelant que « les marins sont des travailleurs civils ». Les Philippines ont de même autorisé leurs ressortissants à refuser un embarquement vers la zone.

Tensions, assurances et trafic

La crise a désorganisé la navigation et fait flamber les primes d'assurance « de guerre », au point que Washington s'est porté garant en dernier ressort pour les navires en transit, selon le Forum économique mondial. Le trafic reprend progressivement depuis l'accord : au moins 36 navires de commerce ont franchi le détroit le 22 juin, un record depuis le début de la guerre, mais loin des niveaux d'avant-conflit.

Un verrou stratégique pour l'énergie

L'enjeu dépasse le sort des équipages. Environ 20 millions de barils de pétrole transitaient chaque jour par Ormuz en 2024, soit près de 20 % de la consommation mondiale de produits pétroliers, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie, qui souligne qu'il existe « très peu d'alternatives » en cas de fermeture. En 2024, plus de 80 % du brut et du GNL passant par le détroit étaient destinés aux marchés asiatiques.