Au Soudan, la menace d'un nouvel assaut paramilitaire se précise. Les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », massent depuis la mi-juin des renforts autour d'El-Obeid, capitale de l'État du Kordofan-Nord. Plusieurs gouvernements et organisations internationales redoutent une offensive imminente sur cette ville, et la répétition des massacres documentés à El-Fasher.
Une ville stratégique encerclée
El-Obeid est un nœud stratégique du centre du pays. Le 22 juin, le département d'État américain a indiqué que les FSR « massent des forces » autour de la ville et averti que « des atrocités de masse pourraient être imminentes », rapporte Al Jazeera. Longtemps assiégée puis dégagée par l'armée soudanaise, la ville commande l'accès au Kordofan, verrou entre le centre du pays tenu par l'armée et le Darfour largement contrôlé par les paramilitaires (position militaire exacte À VÉRIFIER).
Une guerre dévastatrice depuis avril 2023
Le conflit a éclaté en avril 2023, quand la lutte de pouvoir entre l'armée régulière et les FSR — issues des milices janjawid — a dégénéré en guerre ouverte. Les bilans restent incertains : selon l'ONU (OCHA), la guerre a déplacé plus de 13 millions de personnes et plongé des millions d'autres au bord de la famine ; des estimations de presse évoquent plus de 150 000 morts, un chiffre invérifiable de manière indépendante (À VÉRIFIER).
La hantise d'un nouvel El-Fasher
Les craintes sont alimentées par le précédent d'El-Fasher, tombée aux mains des FSR fin 2025 après un long siège : un rapport de l'ONU y a documenté 6 000 tués en trois jours, estimant le bilan réel « nettement plus élevé », avec des violences à caractère ethnique. À El-Obeid, environ 500 000 civils, dont plus de 100 000 déplacés, seraient exposés, selon le Conseil des droits de l'homme ; au moins 50 civils auraient déjà été tués en dix jours de frappes de drones (chiffres ONU, À VÉRIFIER).
Des appels internationaux pressants
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a lancé un appel — « Arrêtez cette folie » —, prévenant que « l'offensive imminente contre El-Obeid risque la commission de crimes internationaux graves ». Le 18 juin, au moins 29 pays, dont la France, ont tiré la sonnette d'alarme, et le Conseil de sécurité de l'ONU a exigé l'arrêt immédiat de l'assaut. Reste à savoir si ces appels seront entendus.



