Le carré rouge change de mains, et l'inquiétude monte chez ses salariés. Au terme d'années de surendettement et d'une restructuration financière hors norme, SFR a été cédé à ses trois concurrents historiques. Cette opération, qui ramène la France de quatre à trois opérateurs de réseau, fait désormais redouter un plan de départs d'une ampleur inédite dans le secteur.
Une dette colossale qui a forcé la vente
Le dénouement est l'aboutissement de la spirale d'endettement d'Altice France, la maison mère de SFR contrôlée par Patrick Drahi. Début 2026, un plan validé par le tribunal de commerce de Paris a ramené la dette du groupe de 24,8 à 15,5 milliards d'euros, les créanciers récupérant une part importante du capital, rapporte France Épargne. Dans la nuit du 6 au 7 juin 2026, Altice a signé un protocole cédant SFR à un consortium réunissant ses rivaux pour une valeur d'entreprise de 20,35 milliards d'euros — Bouygues Telecom, Free (Iliad) et Orange se partageant les actifs (quotes-parts À VÉRIFIER).
Combien de postes menacés ?
Le nombre exact de suppressions reste très incertain et relève, à ce stade, d'estimations syndicales (À VÉRIFIER). La CFDT évalue à environ 8 000 les postes menacés en cas de découpage entre les trois acquéreurs ; la CFE-CGC Télécoms avance une fourchette plus large, de 8 000 à 12 000 à terme. Ces chiffres ne correspondent pas à un plan social formellement annoncé, mais à une projection des doublons qu'entraînerait le démantèlement : boutiques, services clients, équipes techniques et fonctions support redondantes. SFR n'en serait pas à sa première cure : un précédent accord prévoyait déjà la suppression d'environ 5 000 postes.
Les syndicats montent au front
La CFE-CGC dénonce une opération « financière » plutôt qu'industrielle et juge insuffisants les engagements de maintien de l'emploi affichés « jusqu'en 2029 », menaçant de saisir le Conseil d'État si l'Arcep ne conditionne pas la réallocation des fréquences à des garanties sur l'emploi. La CFDT, reçue au ministère du Travail, réclame une négociation tripartite avec l'État avant toute validation.
Un séisme pour le secteur
Au-delà des quelque 25 millions d'abonnés de SFR, c'est tout l'écosystème télécoms qui bascule : le passage à trois opérateurs de réseau marque la fin de la guerre des prix ouverte par l'arrivée de Free en 2012. La finalisation n'est pas attendue avant le second semestre 2027, sous réserve de l'aval de l'Autorité de la concurrence et de la Commission européenne (À VÉRIFIER). Pour les salariés, la prochaine étape décisive sera l'ouverture éventuelle d'un plan de sauvegarde de l'emploi, dont les contours restent inconnus.



