Les premiers résultats de l'étude Kannari 2, pilotée par Santé publique France, confirment l'ampleur d'une contamination que des décennies d'usage agricole ont gravée dans les corps et les sols antillais. Selon ces données, 85,5 % des Martiniquais et 81,3 % des Guadeloupéens présentent encore des traces détectables de chlordécone dans le sang (chiffres À VÉRIFIER, en attente de publication complète).
Une imprégnation quasi générale, mais en recul
Kannari 2 prolonge une première enquête de 2013-2014, qui avait trouvé la molécule chez plus de neuf Antillais sur dix. La nouvelle édition montre un recul de l'imprégnation une douzaine d'années plus tard, sans la faire disparaître. Les niveaux les plus élevés concerneraient les hommes de plus de 50 ans travaillant dans l'agriculture ou la pêche (À VÉRIFIER). L'étude de biosurveillance a invité environ 3 000 personnes, dont près de 700 enfants, à des dosages sanguins et urinaires entre janvier et juillet 2024, et mesure aussi d'autres polluants (glyphosate, métaux lourds).
Un polluant rémanent pour des décennies
Le chlordécone est un insecticide organochloré utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique de 1972 à 1993, contre le charançon. Très stable, il persiste dans les sols, les eaux et les chaînes alimentaires pour des décennies. L'essentiel de l'exposition de la population se fait par l'alimentation : légumes racines et tubercules (ignames, patates douces, dachines), poissons et crustacés issus de zones contaminées.
Des risques sanitaires établis et suspectés
Le lien le mieux établi concerne le cancer de la prostate, inscrit au tableau des maladies professionnelles par un décret du 22 décembre 2021 lorsqu'il est lié à une exposition au chlordécone, ouvrant droit à indemnisation. D'autres effets, notamment sur le développement de l'enfant, sont étudiés ou suspectés sans que tous les liens de causalité soient établis (À VÉRIFIER).
Un scandale d'État et un volet judiciaire clos
La contamination est l'un des plus graves scandales sanitaires français. Sur le plan pénal, l'enquête s'est soldée par un non-lieu prononcé en 2023, dont l'ordonnance reconnaissait pourtant un « scandale sanitaire ». La cour d'appel de Paris a confirmé ce non-lieu en juin (date exacte À VÉRIFIER), suscitant colère et sentiment de déni de justice aux Antilles.
Quelles mesures ?
Les pouvoirs publics s'appuient sur un plan chlordécone pluriannuel (« informer, protéger, réparer ») finançant recherche, surveillance et dépistage. L'Anses recommande de limiter la consommation de produits de la pêche et de racines issus de circuits non contrôlés, tandis qu'un suivi médical est proposé aux populations concernées via l'Assurance maladie.



