Quand le thermomètre s'emballe, les caddies changent. En pleine canicule, les supermarchés français voient bondir les ventes de tout ce qui rafraîchit. Invité à faire le point, le président des Mousquetaires (Intermarché), Thierry Cotillard, fait état auprès de BFMTV de hausses spectaculaires sur une semaine : +50 % sur les glaces, +80 % sur les packs d'eau, et quelque 100 000 climatiseurs et ventilateurs écoulés dans son réseau. Des chiffres déclaratifs propres à l'enseigne, à distinguer des données de marché.

Une tendance confirmée au-delà d'une enseigne

Le mouvement dépasse le seul Intermarché. Sur l'ensemble de la grande distribution, les ventes de glaces ont progressé d'environ 25 % en volume comme en valeur entre la mi-mai et la mi-juin, par rapport à la même période de 2025, selon des données de panélistes. Côté équipement, la demande de ventilateurs et de climatiseurs a explosé depuis le début de l'épisode, et les installations de climatisation réversible sont très recherchées.

Les melons, sous tension

Au-delà des rayons frais, c'est la filière agricole qui inquiète le distributeur. Thierry Cotillard a alerté sur un risque de pénurie de melons dès juillet. La logique est agronomique : la chaleur extrême accélère d'abord la maturation, provoquant un pic précoce qui épuise la production disponible avant la pleine saison ; passé ce pic, l'offre chute. Soumis à des températures très élevées et au stress hydrique, les melons plein champ — pilier des étals estivaux — voient leur calendrier bouleversé. La France produit habituellement de l'ordre de 300 000 tonnes de melons par an, principalement dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Centre-Ouest.

La canicule, facteur d'inflation alimentaire

Cette double pression — demande qui s'emballe, offre agricole fragilisée — pèse sur les prix. Les professionnels anticipent des hausses sur plusieurs fruits d'été, et la répétition des canicules nourrit une inflation alimentaire de fond que les économistes commencent à documenter. Pour les distributeurs, l'enjeu des prochaines semaines sera d'éviter les ruptures sur les produits les plus demandés tout en absorbant des approvisionnements agricoles plus erratiques. Une équation amenée à se répéter, été après été.