Alors que la canicule maintient une grande partie de la France en vigilance rouge, les premières conséquences humaines de l'épisode de juin commencent à apparaître — avec la prudence qui s'impose tant que les bilans officiels ne sont pas consolidés.
Trois décès signalés dans le Pas-de-Calais
La préfecture du Pas-de-Calais a fait état de trois décès « pour lesquels la canicule est susceptible d'avoir eu un effet » : un homme âgé qui travaillait en extérieur, et deux personnes décédées à domicile et souffrant par ailleurs d'autres pathologies. La formulation est importante : à ce stade, le lien de causalité direct avec la chaleur n'est pas établi. Les bilans de surmortalité réellement attribuables à une canicule sont publiés par Santé publique France plusieurs semaines après l'épisode, après recoupement des données de mortalité toutes causes.
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, un épisode de pollution à l'ozone a accompagné la chaleur. Selon la préfecture, les services d'urgence n'ont toutefois pas connu de saturation et les établissements de santé ont poursuivi leur activité dans des conditions satisfaisantes.
Ce que l'épisode de mai avait déjà montré
Pour mesurer la pression qu'une vague de chaleur fait peser sur le système de soins, l'épisode précoce de fin mai sert de référence. Selon un bulletin de Santé publique France, les recours aux soins avaient alors fortement augmenté, avec un pic le 26 mai (plusieurs centaines de passages aux urgences et d'interventions de SOS Médecins liés à la chaleur en une journée), suivi d'une vague d'hospitalisations et de plusieurs dizaines d'admissions en soins intensifs. Particularité de cet épisode : il avait touché aussi des publics plus jeunes que d'ordinaire, en raison d'expositions prolongées en période scolaire et professionnelle.
Le bilan sanitaire de la séquence de juin, plus intense encore, n'est pas encore disponible. Il faudra attendre les prochains bulletins pour en connaître l'ampleur.
Les gestes qui protègent
Les autorités sanitaires répètent les mêmes consignes, qui sauvent des vies : boire régulièrement sans attendre la soif, se tenir au frais aux heures les plus chaudes, mouiller son corps, éviter les efforts en extérieur, et surtout prendre des nouvelles des personnes âgées, isolées ou fragiles. En cas de signe grave — confusion, malaise, température élevée —, il faut appeler le 15. Le numéro vert canicule (0 800 06 66 66) reste joignable pour tout conseil.



