La trajectoire ne s'inverse pas. Selon les chiffres publiés par l'Insee, la dette publique française a atteint 3 536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2026, soit 117,5 % du produit intérieur brut. En trois mois, l'endettement s'est creusé de plus de 75 milliards d'euros — un rythme qui porte le ratio à un niveau jamais vu en dehors de la crise du Covid.

L'État, principal moteur de la hausse

La progression est tirée pour l'essentiel par l'État, dont la contribution à la dette a bondi de plusieurs dizaines de milliards sur le trimestre, devant la Sécurité sociale et les collectivités locales. Cette dynamique prolonge un déficit public élevé : la Cour des comptes a chiffré le déficit 2025 autour de 5,4 % du PIB, l'un des plus importants de la zone euro.

La charge des intérêts, un poids croissant

Au-delà du stock de dette, c'est son coût qui inquiète. La charge des intérêts — ce que l'État paie chaque année pour emprunter — augmente à mesure que les anciennes obligations émises à taux quasi nul sont refinancées à des taux nettement plus élevés. Elle représente désormais l'un des tout premiers postes du budget, à un niveau comparable à celui de grandes missions de l'État, et devrait continuer de grimper dans les prochaines années.

Parmi les plus endettés d'Europe

À l'échelle européenne, la France figure durablement sur le podium des pays les plus endettés rapportés à leur richesse, derrière la Grèce et l'Italie, et bien au-dessus de la moyenne de la zone euro — autour de 88 % du PIB — et de l'Allemagne, proche de 62 %, selon Eurostat.

Le gouvernement affiche l'objectif de ramener le déficit sous 3 % du PIB d'ici la fin de la décennie, sans alourdir la fiscalité. Mais, comme le souligne la Cour des comptes, le redressement sera long : au rythme actuel, la France ne reviendrait pas avant plusieurs années à son niveau d'endettement d'aujourd'hui. Dans un contexte budgétaire et politique tendu, chaque dixième de point gagné se jouera au prix d'arbitrages difficiles.