Depuis le début de l'année 2026, l'épargne des Français raconte une même histoire mois après mois : on retire de l'argent du Livret A, et on en place dans l'assurance-vie. Le printemps n'a pas inversé la tendance. Pour la comprendre, il faut regarder les chiffres et, surtout, les taux.

Un Livret A qui se vide

Le Livret A traverse une séquence inédite : depuis janvier 2026, il enchaîne les mois de décollecte nette — les retraits dépassent les dépôts —, une première dans l'histoire des statistiques de la Caisse des dépôts. Avril a marqué un record de retraits, à 1,28 milliard d'euros, le pire mois d'avril depuis 2009. Le détail précis de mai 2026 reste à confirmer (À VÉRIFIER) : retenez la tendance plutôt qu'un chiffre au million près. L'encours total demeure colossal, autour de 445 milliards d'euros sur quelque 58 millions de livrets (À VÉRIFIER).

Le nerf de la guerre : le taux et l'inflation

Pourquoi ce désamour ? Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A est tombé à 1,5 % net, contre 2,4 % auparavant (À VÉRIFIER). Or l'inflation est repartie au printemps : quand les prix montent presque aussi vite que la rémunération, le rendement réel de l'épargne fond. La donne pourrait changer cet été : le taux est révisé au 1er août selon une formule de la Banque de France, et plusieurs sources anticipent une remontée autour de 1,7 à 1,8 % (décision non officielle, À VÉRIFIER).

L'assurance-vie, grande gagnante

Pendant que le Livret A se vide, l'assurance-vie engrange : au premier trimestre 2026, sa collecte nette a atteint environ 19,3 milliards d'euros selon France Assureurs, tirée surtout par les unités de compte, devant les fonds en euros. L'encours frôle 2 115 milliards d'euros (au 31 mars 2026, À VÉRIFIER). Cela ne signifie pas que les Français épargnent moins : leur taux d'épargne reste élevé. Ils arbitrent, cherchant un meilleur rendement quitte à accepter davantage de risque.

Vos repères : Livret A ou assurance-vie ?

Les deux produits ne jouent pas dans la même catégorie :

  • Liquidité : l'argent du Livret A est disponible à tout moment, sans frais ; l'assurance-vie est avant tout un placement de moyen-long terme.
  • Risque : le capital du Livret A est garanti. Dans l'assurance-vie, le fonds en euros est sécurisé, mais les unités de compte sont investies sur les marchés — leur valeur peut monter comme baisser.
  • Fiscalité : les intérêts du Livret A sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux ; l'assurance-vie offre un cadre avantageux surtout après 8 ans, mais les gains restent soumis aux prélèvements sociaux.

En clair, le Livret A reste l'outil de l'épargne de précaution, l'assurance-vie celui d'un projet à long terme. Les arbitrages de 2026 disent surtout que, face à des taux réglementés en baisse, de plus en plus de Français franchissent le pas.