Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a affirmé, le 23 juin 2026, que son pays était en train d'équiper sa marine d'armes nucléaires, à l'occasion de la mise en service d'un nouveau destroyer. L'annonce, rapportée par les médias d'État et relayée par les agences internationales, doit être maniée avec prudence : il s'agit de déclarations de propagande émanant de Pyongyang, dont les capacités militaires réelles sont difficiles à vérifier de manière indépendante.

Ce qu'a déclaré Kim Jong-un

Selon NBC News, reprenant l'agence AP, la cérémonie de mise en service du destroyer « multi-missions » Choe Hyon s'est tenue au port de Nampo, sur la côte ouest. Kim Jong-un y a déclaré que le programme visant à équiper la marine d'armes nucléaires « suit son cours planifié sans dévier », un « axe stratégique d'une importance cruciale ». Il a vanté un bâtiment doté de « la capacité de combat la plus parfaite », selon le Korea Times.

La classe Choe Hyon au cœur du programme

Le Choe Hyon est un destroyer d'environ 5 000 tonnes. Selon une analyse d'Army Recognition, il disposerait de 74 cellules de lancement vertical pour missiles de croisière et balistiques navalisés — des chiffres issus en grande partie de sources nord-coréennes, non confirmés de façon indépendante (À VÉRIFIER). Kim a fixé l'objectif de construire deux bâtiments de ce type ou davantage chaque année, soit jusqu'à douze destroyers d'ici 2030, calendrier qui paraît très optimiste au regard des capacités industrielles du pays (À VÉRIFIER).

Un programme marqué par des revers

Le développement de cette flotte ne s'est pas fait sans accroc. Le premier navire de la série, le Kang Kon, s'est partiellement renversé lors de son lancement en mai 2025 à Chongjin, un incident rare rendu public par Pyongyang, avant d'être réparé. La Corée du Nord opérerait aujourd'hui deux bâtiments de 5 000 tonnes.

Portée stratégique et doutes

Dispersés en mer, de tels navires donneraient théoriquement à Pyongyang des plateformes mobiles de tir nucléaire, compliquant la défense de Séoul, Tokyo et Washington et nourrissant la quête d'une capacité de seconde frappe. Mais l'agence sud-coréenne Yonhap rappelle que le terme « stratégique » est employé par le régime pour suggérer une capacité nucléaire, sans en apporter la preuve. Plusieurs responsables sud-coréens soupçonnent par ailleurs une assistance russe à la construction, sur fond de rapprochement entre Moscou et Pyongyang, et des experts doutent que le bâtiment soit réellement opérationnel (À VÉRIFIER).