CMA Média, le pôle médias de l'armateur marseillais Rodolphe Saadé, a confirmé le 24 juin 2026 vouloir vendre ses neuf chaînes de télévision locales BFM. Faute de repreneur, le groupe propriétaire de BFMTV, RMC, La Tribune et Brut prévoit de fermer celles qui n'auront pas trouvé preneur d'ici au 31 décembre 2026.

Neuf chaînes sur la sellette

Selon la direction, citée par l'AFP, les chaînes concernées seraient BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, BFM Dici, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d'Azur, BFM Alsace et BFM Normandie (liste À VÉRIFIER). Une dixième antenne, BFM Paris Île-de-France, avait déjà fermé en mars 2025. Au total, ces antennes emploieraient environ 200 personnes (chiffre À VÉRIFIER), dont une cinquantaine en région PACA.

Un modèle économique introuvable

La direction de CMA Média justifie la décision par la « dégradation du modèle économique des chaînes locales » : ces antennes dépendent largement de la publicité locale, désormais captée par les plateformes numériques, et de financements de collectivités en recul. La cession s'inscrit dans un plan d'économies de 20 millions d'euros, soit environ 5 % des coûts du groupe, qui réoriente ses moyens vers le sport et le numérique (lancement annoncé de RMC+, rachat de RMC Sport).

Rachat d'Altice et recentrage

Ce désengagement prolonge la stratégie engagée depuis que CMA CGM, géant mondial du transport maritime, a racheté Altice Média (BFMTV, RMC) en 2024. L'arrivée de l'armateur dans les médias, après La Provence et La Tribune, avait nourri les inquiétudes sur la concentration de la presse française. Le recentrage actuel applique une logique de rentabilité, au détriment de l'info de proximité.

Emplois et avenir de l'info locale

Un plan de départs volontaires doit être ouvert au sein du pôle RMC BFM, sans objectif chiffré annoncé, les consultations des représentants du personnel devant débuter fin août 2026. La direction affirme avoir reçu « plusieurs marques d'intérêt » et privilégier des repreneurs « plutôt locaux » (noms À VÉRIFIER). Au-delà du cas BFM, l'épisode pose la question du modèle des chaînes d'info locales, prises en étau entre fuite des recettes publicitaires et baisse des subventions — alors que ce maillage est souvent présenté comme un rempart contre les déserts d'information.