Le géant pharmaceutique français Sanofi est dans le viseur de Bruxelles. La Commission européenne a ouvert une enquête formelle sur de possibles pratiques anticoncurrentielles du laboratoire sur le marché des vaccins contre la grippe, rapporte Le Progrès.

Abus de position dominante et dénigrement présumés

La Commission examine deux types de comportements : un possible abus de position dominante (interdit par l'article 102 du traité européen) et une campagne de dénigrement présumé visant à discréditer le vaccin d'un concurrent auprès des acheteurs — médecins, hôpitaux, autorités sanitaires — afin de l'écarter du marché, détaille Pharmaphorum. L'enquête fait suite à des perquisitions menées dans les locaux de Sanofi fin 2025. Le concurrent précisément ciblé par le dénigrement allégué n'a pas été officiellement nommé.

Un marché stratégique, des sanctions potentiellement lourdes

Sanofi figure parmi les premiers fabricants mondiaux de vaccins antigrippaux, un marché renouvelé chaque année par les campagnes de vaccination. En cas d'infraction confirmée, l'amende peut atteindre jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial du groupe — soit un montant potentiellement très élevé. Mais aucune échéance n'encadre la durée de l'enquête, et rien n'est établi à ce stade.

Présomption d'innocence, et un précédent

Sanofi a fait savoir qu'il était « confiant » quant à sa conformité aux règles et qu'il coopérerait pleinement. La Commission rappelle qu'une enquête ne préjuge en rien d'une culpabilité. Ce n'est toutefois pas la première fois que le laboratoire est confronté à ce type d'accusations : il avait déjà été condamné en France, dans l'affaire du Plavix, pour avoir cherché à freiner l'arrivée de génériques par une campagne de dénigrement. Bruxelles devra désormais établir si, cette fois, les règles de concurrence ont été enfreintes.