Contre toute attente, les manchots ne sont pas des amateurs de grand froid… mais ils détestent la chaleur. À Biotropica, le parc animalier de Val-de-Reuil (Eure), une colonie de manchots de Humboldt affronte la canicule normande, s'interroge Le Parisien.

Des oiseaux des côtes du Pacifique

Le manchot de Humboldt vit sur les côtes rocheuses du Pérou et du Chili, baignées par le courant froid de Humboldt qui rafraîchit les eaux où il chasse, rappelle Biotropica. Ce n'est donc pas un animal de banquise, mais une espèce de climat tempéré qui supporte mal les fortes chaleurs prolongées. En pleine canicule, l'enjeu pour le parc est de reproduire des conditions vivables.

Bassins, brume et glaçons

Comme dans la plupart des parcs zoologiques français, l'arsenal anti-chaleur est désormais bien rodé : accès permanent à un bassin d'eau fraîche (où les manchots passent une grande partie de leur temps), brumisation, blocs de glace et poissons partiellement congelés distribués comme des friandises rafraîchissantes. Les soigneurs renforcent aussi la surveillance, guettant les signes de stress thermique (halètement, léthargie). Les détails précis du dispositif propre à Biotropica restent à confirmer, mais ces techniques sont la norme dans le secteur.

Un écho au sort de l'espèce

Au-delà de l'anecdote estivale, l'espèce est jugée vulnérable à l'état sauvage : le réchauffement de l'océan, via des épisodes El Niño plus intenses, raréfie les poissons et provoque des mortalités. Ce que vivent les manchots de l'Eure lors d'une canicule n'est, au fond, qu'un reflet miniature de la menace qui pèse sur eux à l'échelle de la planète — et une raison de plus, pour les parcs, de soigner leur confort.