À chaque pic de chaleur, la mesure refait surface : plusieurs communes interdisent temporairement la vente et la consommation d'alcool sur la voie publique, rappelle Le Progrès. Pourquoi ?

L'alcool aggrave les effets de la chaleur

La raison est d'abord sanitaire. L'alcool est diurétique : il favorise l'élimination d'eau et accélère la déshydratation, déjà accentuée par la transpiration. Il perturbe aussi la thermorégulation du corps et donne une trompeuse sensation de fraîcheur, qui masque le risque réel de coup de chaleur. Enfin, il altère le jugement, rendant plus difficile de repérer à temps les signes d'un malaise, chez soi ou chez les autres.

L'ordre public, second motif

L'autre justification est la tranquillité publique. Les nuits de canicule, on reste dehors plus longtemps, souvent en groupe ; une consommation excessive peut générer nuisances et incidents. Les arrêtés permettent aux autorités d'encadrer ces situations.

Quel fondement juridique ?

Les maires disposent d'un pouvoir de police générale (article L2212-2 du Code général des collectivités territoriales), qui leur permet de prendre des mesures pour la sûreté, la tranquillité et la salubrité publiques — dont l'interdiction temporaire de l'alcool dans un périmètre donné. Les préfets peuvent agir à l'échelle départementale. Ces arrêtés sont toujours limités dans le temps et l'espace (le temps de l'épisode, certains secteurs).

Le bon réflexe

Côté hydratation, les autorités recommandent l'eau plutôt que l'alcool, à boire régulièrement sans attendre la soif, et de rafraîchir son logement (aérer la nuit, fermer volets et fenêtres le jour). Une vigilance particulière s'impose envers les personnes âgées, les nourrissons et les plus fragiles.