Le Venezuela vit l'une des pires catastrophes de son histoire récente. Un double séisme survenu fin juin y a fait, selon les autorités, un bilan qui s'est alourdi jusqu'à environ 3 811 morts, rapporte Le Monde.

Un bilan qui s'alourdit

Les secousses, d'une magnitude élevée et rapprochées dans le temps, ont provoqué des destructions massives dans plusieurs régions du pays. Aux morts s'ajoutent des milliers de blessés et de nombreuses personnes portées disparues. Comme souvent dans ce type de catastrophe, les chiffres, communiqués par les autorités, restent provisoires et susceptibles d'évoluer, à mesure que les secours accèdent aux zones sinistrées et que les décombres sont dégagés.

Les besoins sont immenses : abris, eau, nourriture, soins. L'aide internationale s'est organisée, avec l'envoi d'équipes de secours et de moyens, mais l'ampleur du désastre dépasse les capacités nationales.

La colère de la population

Sur le terrain, à la douleur s'ajoute la colère. Des habitants de régions touchées dénoncent la lenteur des secours et de la distribution de l'aide, dans un pays déjà fragilisé par des années de crise économique et politique, souligne Libération.

Cette exaspération met en lumière les difficultés d'un État aux moyens limités, confronté à une urgence d'une échelle exceptionnelle, et les tensions qui montent à mesure que le temps passe.

L'or de Londres au cœur d'une bataille

Pour financer les secours et la reconstruction, les autorités vénézuéliennes ont formulé une demande singulière : le déblocage de réserves d'or du pays conservées à la Banque d'Angleterre, à Londres. Une requête adressée jusqu'au plus haut niveau de l'État britannique.

Ces réserves d'or sont gelées depuis plusieurs années, au cœur d'un contentieux juridique et diplomatique lié aux sanctions internationales et à la contestation, sur la scène internationale, de la légitimité du pouvoir en place à Caracas. Pour le Venezuela, cet or appartient au peuple et doit servir à répondre à l'urgence ; pour Londres, la question reste enserrée dans un dossier juridique complexe.

Une catastrophe aux multiples ramifications

Au-delà du drame humain, ce séisme met en lumière les vulnérabilités d'un pays où la crise sanitaire et humanitaire se double d'enjeux financiers et géopolitiques. La bataille autour de l'or vénézuélien illustre à quel point une catastrophe naturelle peut se heurter à des blocages politiques, au risque de retarder l'aide aux populations.

Alors que les opérations de secours se poursuivent et que le bilan pourrait encore s'alourdir, l'attention se porte sur la capacité de la communauté internationale à mobiliser des ressources, et sur celle du Venezuela à surmonter, une fois de plus, une épreuve d'une gravité extrême.