Nouvelle passe d'armes dans le Grand Nord. Un avion militaire russe a été intercepté en mer de Norvège après une manœuvre jugée « dangereuse » à proximité du porte-avions britannique HMS Prince of Wales, rapporte Le Parisien.
Une approche à basse altitude
Selon les informations rapportées, l'appareil russe, un avion de patrouille maritime de type Tu-142 (surnommé « Bear » par l'OTAN), s'est approché à basse altitude du groupe aéronaval britannique, sans répondre aux sollicitations. Il aurait notamment largué des bouées acoustiques, des capteurs utilisés pour la détection des sous-marins, une manière de collecter du renseignement sur le dispositif britannique.
Face à cette intrusion, des chasseurs britanniques décollant du porte-avions ont intercepté l'appareil et l'ont escorté hors de la zone, confirme Franceinfo.
Londres dénonce un comportement « irresponsable »
Le ministère britannique de la Défense a fermement condamné l'attitude de l'équipage russe, jugée non professionnelle et contraire aux règles de sécurité aérienne. Le HMS Prince of Wales, l'un des deux porte-avions de la Royal Navy, participait à une mission dans le cadre de l'OTAN, dans une zone stratégique de l'Atlantique Nord.
De tels incidents, s'ils ne dégénèrent généralement pas, n'en sont pas moins scrutés : à basse altitude et à proximité d'un navire de guerre, une manœuvre mal maîtrisée peut vite tourner à l'accident.
Des tensions récurrentes entre la Russie et l'OTAN
Cet épisode s'inscrit dans un climat de frictions désormais habituelles entre Moscou et l'Alliance atlantique. La Russie multiplie, depuis plusieurs années, les approches d'aéronefs et de navires près des unités alliées, en mer du Nord, en mer Baltique ou dans l'Arctique. L'OTAN, de son côté, a renforcé sa présence et sa surveillance dans ces zones sensibles.
La mer de Norvège et le Grand Nord sont devenus un théâtre stratégique majeur : porte d'entrée vers les routes arctiques, zone de déploiement de sous-marins, ils cristallisent la rivalité entre Occidentaux et Russes. Chaque camp y teste, régulièrement, la vigilance et les réactions de l'autre.
Sans conséquence directe cette fois, cet incident rappelle la réalité d'une confrontation larvée, où la moindre étincelle est suivie de près par les états-majors.



