La grande distribution affiche ses ambitions vertes. Les supermarchés E.Leclerc annoncent un plan de 2,3 milliards d'euros d'investissements dans la transition écologique d'ici 2030, rapporte BFMTV.
Un bilan carbone colossal
L'enseigne le reconnaît elle-même : son empreinte est massive, avec un bilan carbone d'environ 70 millions de tonnes de CO2. Un chiffre qui donne le vertige, mais qui s'explique par la nature même du métier de distributeur : l'essentiel des émissions ne provient pas des magasins eux-mêmes, mais de la fabrication et de l'acheminement des produits vendus dans les rayons, en amont.
Autrement dit, le gros du problème se situe chez les fournisseurs, et non dans les seules dépenses d'énergie des points de vente. C'est tout l'enjeu, et toute la difficulté, de la décarbonation de la grande distribution.
Sur quoi porteront les investissements
Le plan annoncé cible d'abord ce que l'enseigne maîtrise directement : ses magasins et sa logistique. Rénovation énergétique des bâtiments, éclairage moins gourmand, systèmes de froid plus sobres, production d'énergie renouvelable, développement des bornes de recharge pour les véhicules électriques… Les leviers sont nombreux pour réduire la facture énergétique et les émissions liées à l'exploitation des surfaces commerciales.
Ces investissements, étalés jusqu'en 2030, doivent permettre à l'enseigne d'afficher une trajectoire de baisse de ses émissions, tout en maîtrisant ses coûts d'exploitation à long terme.
Ambition réelle ou vitrine ?
Reste la question, récurrente pour tout le secteur, de la portée réelle de tels plans. Rapportés au chiffre d'affaires colossal du groupe et à l'ampleur de son empreinte, 2,3 milliards d'euros sur plusieurs années restent une somme relative. Surtout, tant que la majeure partie des émissions dépend des fournisseurs, aucun distributeur ne peut décarboner seul.
C'est pourquoi les enseignes multiplient les initiatives pour mieux mesurer l'empreinte des produits et embarquer leurs fournisseurs dans la démarche. L'efficacité de ces outils, et leur capacité à changer réellement les modes de production et de consommation, reste toutefois débattue.
En mettant en avant un investissement chiffré, E.Leclerc cherche à démontrer son engagement, dans un secteur souvent soupçonné de « greenwashing ». La preuve viendra des résultats : la baisse concrète, et mesurable, de son empreinte dans les années à venir.



