Le timing interpelle. Alors que la France suffoque sous une nouvelle vague de chaleur, le gouvernement met fin à des programmes de recherche consacrés à l'adaptation des logements et des territoires au changement climatique, rapporte Le Monde.

Comprendre comment adapter la ville à la chaleur

Ces programmes visaient précisément ce dont la France a de plus en plus besoin : savoir comment construire et rénover des bâtiments qui restent vivables l'été, comment rafraîchir les villes minérales transformées en fournaises, comment préparer les territoires à des étés durablement plus chauds.

Un travail de fond, technique et de long terme, indispensable pour anticiper : quels matériaux, quelles formes urbaines, quelle place pour la végétation et l'eau, comment protéger les habitants les plus vulnérables. Autant de questions qui ne trouvent de réponses qu'à force de recherches menées dans la durée.

L'incompréhension du secteur

C'est justement cette continuité qui inquiète. La recherche a besoin d'équipes stables et de financements pérennes pour produire des résultats exploitables. En interrompant ces programmes, l'État prend le risque de casser une dynamique, de disperser des compétences et de perdre du temps, à un moment où l'urgence, elle, ne faiblit pas.

Chercheurs et professionnels de la ville et du bâtiment dénoncent un signal contradictoire : d'un côté, les pouvoirs publics multiplient les plans « canicule » et rappellent la nécessité d'adapter le pays ; de l'autre, ils coupent dans les moyens destinés à préparer cette adaptation.

Le poids des économies budgétaires

Cette décision s'inscrit dans un contexte plus large de recherche d'économies par l'État, qui touche de nombreux pans de l'action publique, dont la transition écologique. Face à la contrainte budgétaire, les crédits de recherche, dont les bénéfices ne se mesurent qu'à long terme, apparaissent souvent comme une variable d'ajustement.

Le calcul est pourtant contesté. Les épisodes climatiques extrêmes, canicules, sécheresses, inondations, ont un coût économique et humain considérable. Faute d'anticiper et d'adapter le bâti et les villes, ce coût risque, à terme, de peser bien plus lourd que les sommes aujourd'hui économisées sur la recherche.

Alors que les étés brûlants deviennent la norme, la question de savoir comment vivre, se loger et travailler dans une France plus chaude reste, elle, entière. Et plus que jamais d'actualité.