L'incertitude judiciaire va peser jusqu'aux portes de 2027. Après sa condamnation en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national, Marine Le Pen s'est pourvue en cassation, et le procureur général près la Cour de cassation évoque « plusieurs scénarios » possibles, rapporte Le Figaro.

Une condamnation confirmée, une inéligibilité réduite

En appel, le 7 juillet 2026, la cour a confirmé la culpabilité de la présidente du groupe RN à l'Assemblée pour détournement de fonds publics, tout en réduisant les peines prononcées en première instance. La peine d'inéligibilité a notamment été ramenée à quarante-cinq mois, dont une partie ferme déjà purgée du fait de l'exécution provisoire ordonnée initialement.

C'est ce point, l'inéligibilité, qui commande toute la suite politique : c'est de lui que dépend la possibilité, pour Marine Le Pen, de se présenter à l'élection présidentielle.

L'effet suspensif du pourvoi

En se pourvoyant en cassation, l'intéressée a activé un mécanisme décisif : l'effet suspensif. Tant que la Cour de cassation n'a pas tranché, les peines de l'arrêt d'appel ne s'appliquent pas, explique franceinfo. Autrement dit, à ce stade, l'inéligibilité n'est pas exécutée, et Marine Le Pen demeure éligible. Elle a d'ailleurs confirmé qu'elle serait candidate.

Le débat juridique n'est pas pour autant clos : certains juristes estiment qu'une issue défavorable en cassation pourrait faire ressurgir la peine prononcée en première instance. La présidente du RN, elle, reste présumée innocente tant que sa condamnation n'est pas définitive.

Les scénarios ouverts

Le procureur général a détaillé les issues envisageables, relève 20 Minutes. La Cour de cassation peut rejeter le pourvoi, ce qui rendrait la condamnation d'appel définitive ; elle peut au contraire casser l'arrêt, en tout ou partie, et renvoyer l'affaire devant une autre cour d'appel pour un nouvel examen. Chaque scénario emporterait des conséquences différentes sur l'inéligibilité, et donc sur la candidature.

Un calendrier suspendu à la présidentielle

Reste la question du tempo. Les pourvois en cassation prennent, d'ordinaire, de nombreux mois. Mais la juridiction a fait savoir qu'elle entendait tout faire pour statuer avant l'élection présidentielle, dont le premier tour est fixé au 18 avril 2027. Une décision tardive, rendue à quelques semaines du scrutin, pourrait néanmoins laisser planer l'incertitude jusqu'au bout de la campagne.

Ce calendrier serré place la plus haute juridiction judiciaire dans une position délicate : trancher une affaire à forte charge politique, tout en veillant à ne pas donner le sentiment d'interférer avec le calendrier démocratique. Un équilibre difficile, que les prochains mois viendront éprouver.