C'est une étape attendue pour l'éolien en mer français. Un parc pilote d'éoliennes flottantes est mis en service en Méditerranée, à environ 16 kilomètres des côtes du golfe du Lion. Une première pour cette technologie dans cette partie du littoral, rapporte l'AFP.
Flottantes, et non posées
La particularité de ces installations tient à leur ancrage. Contrairement à l'éolien en mer classique, dont les mâts sont fichés dans le fond marin, ces turbines reposent sur des flotteurs maintenus par un système d'ancres et de câbles. L'avantage est décisif en Méditerranée, où les fonds plongent vite : le flottant permet d'installer des éoliennes en eaux profondes, plus loin des côtes, là où le vent est plus fort et plus régulier.
Situées à une quinzaine de kilomètres du rivage, ces éoliennes restent peu perceptibles depuis la plage. C'est l'un des arguments avancés pour répondre à une critique récurrente contre l'éolien maritime : son impact visuel sur le paysage côtier, souvent mis en avant par les riverains et les collectivités.
Un premier jalon avant l'échelle commerciale
Le parc mis en service reste, à ce stade, de dimension pilote : quelques turbines destinées à valider la technologie en conditions réelles et à en tirer les premiers enseignements. Chaque parc de démonstration doit alimenter l'équivalent de la consommation de plusieurs dizaines de milliers d'habitants. Un second projet de même nature est développé le long du littoral occitan.
L'enjeu est de préparer le passage à l'échelle. Des parcs commerciaux de bien plus grande puissance, de l'ordre de plusieurs centaines de mégawatts chacun, sont envisagés au cours de la prochaine décennie, plus au large encore. Ils devraient être raccordés au réseau géré par RTE, qui prépare l'arrivée de cette électricité bas-carbone dans le sud du pays.
Un déploiement sous surveillance
Le développement de l'éolien flottant en Méditerranée s'inscrit dans un contexte de retard français sur ses objectifs d'énergies marines, longtemps freiné par la lourdeur des procédures et les contestations locales. Il soulève aussi des questions environnementales : impact sur la biodiversité marine, sur les couloirs de migration des oiseaux et des cétacés, et cohabitation avec la pêche, dans une mer déjà soumise à de fortes pressions.
Les porteurs de projet mettent en avant des programmes de suivi et une concertation avec les professionnels de la mer. C'est à cette condition, celle d'une acceptabilité construite dans la durée, que la filière du flottant pourra tenir son pari : produire une électricité renouvelable au large, sans reproduire ailleurs les conflits d'usage qu'elle entend précisément désamorcer.



