C'est le secret le moins bien gardé du football français. Depuis des mois, Zinédine Zidane et la Fédération française de football sont parvenus à un accord pour qu'il succède à Didier Deschamps sur le banc des Bleus. Le calendrier était le seul point en suspens : rien ne devait être signé ni annoncé avant que Deschamps ait terminé sa mission au Mondial. C'est chose faite depuis samedi et la petite finale perdue contre l'Angleterre.
La signature et l'officialisation sont désormais attendues dans les jours qui viennent, pour un contrat qui prendrait effet au 1er septembre. Prudence toutefois : tant que la Fédération n'a pas communiqué, les dates précises restent du ressort des informations de presse et non de l'annonce officielle.
Une sortie sans trophée pour Deschamps
L'ère qui se referme aura duré quatorze ans, un record de longévité à ce poste. Un titre mondial en 2018, une finale perdue aux tirs au but en 2022, une Ligue des nations : le bilan de Didier Deschamps résiste à peu près à tout, sauf peut-être au souvenir de ces dernières semaines. La perspective d'une fin de règne en demi-teinte était déjà commentée avant même le match pour la troisième place, et la défaite contre les Anglais l'a confirmée.
Éliminée en demi-finale, la France termine ce Mondial à la quatrième place. Le tournoi n'aura pas été vide pour autant : Kylian Mbappé y a remporté le Soulier d'or avec dix buts, meilleur total de la compétition.
Un effectif solide, des trous à combler
Zidane n'hérite pas d'une reconstruction. L'Équipe décrit un noyau de cadres installés au plus haut niveau, avec une charnière centrale de premier plan et une attaque qui aligne, en plus de Mbappé, une abondance de profils offensifs de haut niveau.
Les carences, elles, sont ailleurs et seront plus difficiles à traiter : la relève de certains postes moins fournis ne se décrète pas, et un sélectionneur ne recrute pas. C'est précisément la différence entre le métier qu'il a exercé au Real Madrid, où il a gagné trois Ligues des champions consécutives, et celui qui l'attend.
La vraie question : quel jeu ?
Le dossier tactique est le plus intéressant. Deschamps avait construit un équilibre pragmatique, souvent critiqué pour sa prudence, rarement pris en défaut sur la durée. Zidane, à Madrid, a montré autre chose : une gestion fine des egos, une confiance assumée dans les individualités, et une capacité à ajuster ses plans en cours de compétition plutôt qu'à imposer un système unique.
Reste à savoir ce qu'il fera d'une attaque pléthorique où plusieurs joueurs habitués à être décisifs en club devront accepter des rôles secondaires. C'est un problème enviable, mais c'est un problème.
Le calendrier
Les Bleus retrouveront la compétition à l'automne, avec la Ligue des nations comme premier rendez-vous. Pour Zidane, ce sera un galop d'essai avant les échéances qui comptent vraiment : les qualifications puis l'Euro. Quatorze ans après avoir cédé la place à Deschamps dans l'imaginaire collectif du football français, l'un des deux capitaines de 1998 succède enfin à l'autre.



