Joris avait 21 ans. Il est mort le 13 juillet à Châtonnay, une commune du nord de l'Isère. Ses parents ont déposé plainte auprès de la gendarmerie et une enquête a été ouverte.

Ce que soutient la famille

Les parents estiment que leur fils a subi pendant des années des injures et des humiliations à caractère raciste, et que ce harcèlement est à l'origine de son geste. C'est le sens de la plainte qu'ils ont déposée, qui vise des faits de harcèlement.

Selon les éléments rapportés par la famille et relayés par France 3, les propos visaient ses origines et se seraient répétés au fil des années, notamment lors d'événements festifs locaux. Un épisode survenu fin juin, au cours duquel il aurait été publiquement humilié, est particulièrement visé.

Ces éléments sont, à ce stade, ceux d'une plainte et de déclarations familiales. Ils n'ont pas été établis par une décision de justice.

Un appel à témoins

L'avocate de la famille a lancé un appel à témoins afin de recueillir les récits de personnes ayant assisté aux faits, en particulier à ceux de fin juin. Les proches disent également souhaiter que l'enquête soit menée en dehors de toute pression locale.

Une précaution nécessaire

Deux réserves doivent accompagner la lecture de cette affaire.

La première est judiciaire : une plainte n'est pas une condamnation. Aucune personne n'est à ce stade déclarée responsable de quoi que ce soit, et nous ne publions aucun nom de personne mise en cause. Il appartiendra à l'enquête, puis le cas échéant à une juridiction, de dire si des faits de harcèlement sont caractérisés et s'ils engagent une responsabilité pénale.

La seconde tient à la nature même du sujet. Un suicide résulte presque toujours d'une combinaison de facteurs, et la recherche d'une cause unique est un réflexe compréhensible mais rarement exact. Écrire que le racisme a tué relève de la conviction des proches, qui mérite d'être rapportée comme telle ; l'établir relève d'un travail d'enquête qui commence à peine.

Cela n'ôte rien à la gravité de ce que décrit cette famille, ni à la réalité du harcèlement raciste, dont les effets sur la santé mentale des personnes visées sont largement documentés.

Si vous avez besoin d'aide

Si vous traversez une période difficile, si vous avez des pensées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un proche, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. L'appel est gratuit, le service est ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et des professionnels de santé y répondent.

En cas de danger immédiat, appelez le 15.