Si vous préparez un achat immobilier, la nouvelle est plutôt bonne : les conditions de financement ne se sont pas dégradées cet été. Elles ne se sont pas non plus franchement améliorées.

Le niveau, et surtout la durée

Premier réflexe à prendre : un taux sans sa durée ne veut rien dire. Un même dossier obtiendra un taux sensiblement différent sur quinze, vingt ou vingt-cinq ans, et les comparaisons entre annonces publicitaires reposent souvent sur cette ambiguïté.

L'Observatoire Crédit Logement/CSA, qui constitue la référence en la matière parce qu'il mesure les taux effectivement accordés sur un très large volume d'opérations, situait le taux moyen toutes durées confondues autour de 3,26 % en juin.

Les baromètres publiés par les courtiers donnent des ordres de grandeur voisins, échelonnés selon la durée : environ 3,2 % sur quinze ans, 3,3 % sur vingt ans et 3,4 % sur vingt-cinq ans en juillet. Ces baromètres sont utiles pour suivre une tendance, mais gardez à l'esprit que les courtiers sont des acteurs commerciaux : leurs chiffres reflètent les dossiers qu'ils traitent, souvent mieux profilés que la moyenne, et leur communication n'est pas neutre.

La hausse invisible

C'est l'élément le plus intéressant de la période, et le moins visible dans les statistiques. Selon les professionnels du secteur, les décotes commerciales, ces gestes que les banques consentaient pour capter les meilleurs dossiers ou les primo-accédants, se raréfient.

Conséquence pratique : à barème affiché identique, l'offre réellement signée peut ressortir légèrement au-dessus de ce qu'elle aurait été il y a quelques mois. Le taux moyen ne bouge pas, mais la marge de négociation se resserre. Pour un emprunteur, cela signifie qu'il ne faut pas compter sur une ristourne automatique et que la mise en concurrence redevient déterminante.

Une demande qui tient

Du côté des volumes, l'activité de crédit à l'habitat s'est nettement redressée par rapport au creux des années précédentes, comme le montrent les statistiques de production suivies par la Fédération bancaire française. Après la contraction violente qui avait suivi la remontée des taux, le marché a retrouvé un rythme plus normal, sans revenir aux niveaux exceptionnels de la période des taux très bas.

Le mois de mai est traditionnellement moins actif que le printemps, et les variations d'un mois sur l'autre doivent être lues avec prudence : c'est la tendance sur plusieurs trimestres qui compte.

Ce que nous ne vous dirons pas

Vous lirez partout des pronostics sur la suite. Nous n'en ferons pas.

L'évolution des taux immobiliers dépend principalement du coût auquel les banques se refinancent, lui-même lié aux taux d'emprunt de l'État français et aux décisions de la Banque centrale européenne. Ces paramètres ne sont pas prévisibles à quelques mois, et les prévisions publiées chaque semestre par les uns et les autres se sont trompées dans les deux sens ces dernières années.

Ce qui est constatable, en revanche : les taux sont stables depuis plusieurs mois, la concurrence entre établissements reste réelle, et un dossier solide obtient aujourd'hui des conditions nettement meilleures qu'en 2023.

Trois réflexes utiles

Faites jouer la concurrence, y compris hors de votre banque. Les écarts entre établissements sur un même profil restent significatifs.

Regardez le taux annuel effectif global, pas le taux nominal. Le TAEG intègre l'assurance et les frais de dossier, qui pèsent lourd sur le coût total.

Traitez l'assurance emprunteur séparément. Vous n'êtes pas tenu de souscrire celle que propose la banque prêteuse, et c'est souvent là que se logent les économies les plus faciles.