Il aura fallu attendre la 106e minute pour que cette finale bascule. Sur un centre de Pedro Porro remis de la tête par Nico Williams, Ferran Torres a poussé le ballon au fond et offert à l'Espagne son deuxième titre mondial, seize ans après celui décroché en Afrique du Sud. Score final : 1-0 après prolongation, au MetLife Stadium d'East Rutherford, dans le New Jersey.
Une finale verrouillée, puis débloquée
Le match n'aura pas été un festival. Longtemps, les deux équipes se sont neutralisées, l'Argentine reculant progressivement sous la pression du milieu espagnol sans parvenir à ressortir. Le tournant est venu juste avant la fin du temps réglementaire : à la 90e minute, Enzo Fernández a été exclu pour une faute imprudente sur Pau Cubarsí, laissant son équipe à dix pour toute la prolongation. Seize minutes plus tard, Torres punissait.
Réduite à dix, l'Argentine a été sauvée un temps par son gardien. Emiliano Martínez a réalisé onze arrêts, le plus haut total jamais enregistré dans une finale de Coupe du monde selon ESPN. Une performance de résistance, pas de délivrance.
Messi, une dernière sans éclat
Le contraste est cruel pour Lionel Messi. À 39 ans, l'Argentin a traversé la rencontre sans peser. Franceinfo relève que son équipe n'a pas cadré la moindre tentative avant la 117e minute, et c'est lui qui a signé cette frappe, aussitôt contrée. Il termine le tournoi avec huit buts, deux de moins que Kylian Mbappé.
« Ils étaient meilleurs, honnêtement », a-t-il reconnu après la rencontre. Une phrase courte, dite sans détour, qui referme une carrière en Coupe du monde entamée en 2006.

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Une défense qui a tenu tout le tournoi
Le vrai chiffre de ce sacre espagnol tient en une ligne : un seul but encaissé sur l'ensemble de la compétition, le plus faible total jamais enregistré par un champion du monde. Derrière, Unai Simón a été récompensé du Gant d'or après sept matchs sans encaisser. Cette solidité s'inscrit dans une séquence plus longue encore : la sélection de Luis de la Fuente reste sur 38 rencontres sans défaite, toutes compétitions confondues.
Rodri Ballon d'or, Mbappé Soulier d'or
Les distinctions individuelles ont largement souri à la Roja. Rodri a été désigné meilleur joueur du tournoi, récompense logique pour le capitaine qui a dicté le rythme espagnol de bout en bout. Pau Cubarsí, 19 ans, a été élu meilleur jeune, devant son coéquipier Lamine Yamal.
Le seul trophée majeur échappant à l'Espagne revient à un Français : Kylian Mbappé a remporté le Soulier d'or avec dix buts et quatre passes décisives, maigre consolation pour des Bleus battus la veille en petite finale par l'Angleterre et repartis des États-Unis à la quatrième place.
Ce que ce titre installe
Deux Coupes du monde, trois Euros : l'Espagne devient, avec cette victoire, la sélection de référence de la période. Le style a changé depuis 2010, plus vertical et moins patient, mais le résultat est le même. Et pour Luis de la Fuente, longtemps considéré comme un choix par défaut au moment de sa nomination, ce sacre vaut réponse définitive.



