C'est une promesse que scruteront de près les familles comme les enseignants. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, assure qu'il y aura « assez de professeurs » à la rentrée 2026, rapporte Le Parisien.

Le pari de la réforme du concours

Pour justifier cet optimisme, le ministre met en avant la réforme du concours de recrutement, rapporte Franceinfo. Celle-ci modifie les conditions d'accès au métier, permettant notamment de passer le concours plus tôt dans le parcours universitaire, avec, à la clé, un statut plus sécurisé pour les lauréats pendant leur formation.

Selon le gouvernement, cette réforme a dopé les candidatures et permis de réduire le nombre de postes non pourvus, un point noir récurrent des dernières années. Le ministre y voit le signe d'une inversion de tendance après une longue période de crise du recrutement.

Une crise d'attractivité de fond

Car le contexte est celui d'une crise d'attractivité installée. Ces dernières années, l'Éducation nationale a peiné à recruter suffisamment d'enseignants, notamment dans certaines matières, se voyant contrainte de recourir massivement à des contractuels pour combler les manques. Le métier, longtemps prestigieux, a vu son image et ses conditions se dégrader aux yeux de nombreux candidats potentiels.

C'est cette dynamique que la réforme entend enrayer. Reste à savoir si l'embellie annoncée est durable, ou si elle tient à des ajustements techniques et à un effet de rattrapage.

Les réserves des syndicats

Du côté des syndicats enseignants, l'annonce est accueillie avec prudence, voire scepticisme. Plusieurs soulignent qu'avoir « assez de professeurs » au niveau global ne dit rien de leur répartition. Le nerf de la guerre, rappellent-ils, se situe dans le détail : certaines disciplines (comme les mathématiques) et certains territoires (académies moins attractives, zones rurales ou difficiles) restent en tension, avec un nombre de candidats à peine supérieur à celui des postes.

Ils pointent aussi les causes profondes du désamour : des salaires jugés insuffisants, notamment en début de carrière, et des conditions de travail dégradées. Sans y répondre, avertissent-ils, aucune réforme du concours ne réglera durablement le problème.

Rendez-vous en septembre

La rentrée sera donc le juge de paix. Les promesses ministérielles se mesureront à l'aune du terrain : y aura-t-il un enseignant devant chaque classe, dans chaque matière, partout en France ? La réponse ne sera pas uniforme, et c'est bien là toute la difficulté.

Entre l'optimisme affiché par le ministère et la vigilance des syndicats, un consensus se dessine tout de même : la question du recrutement enseignant reste un enjeu majeur pour l'école, et pour l'avenir des élèves. La rentrée 2026 dira où en est réellement le chantier.