La gauche prépare 2027, et le Parti socialiste cherche sa méthode. Ce jeudi, ses militants sont appelés à voter sur la stratégie de désignation de leur candidat à la présidentielle, rapporte Le Progrès.

Ouverte ou fermée : de quoi parle-t-on ?

Le débat oppose deux conceptions de la primaire. La première, dite ouverte, élargirait le vote au-delà des seuls adhérents du PS, pour associer d'autres formations et l'ensemble des sympathisants de gauche, moyennant une contribution symbolique. L'idée : rassembler largement et donner au candidat désigné une légitimité dépassant le seul parti.

La seconde, plus resserrée, limiterait la consultation à un périmètre plus restreint, autour du pôle socialiste et de ses partenaires. Une manière de garder la maîtrise du processus et d'en fixer clairement les contours, détaille LCP.

Des lignes qui traversent le parti

Ce choix technique recouvre des divergences politiques réelles. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, plaide pour une ouverture large. D'autres figures, comme Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée, défendent une approche plus encadrée. Chacun avance ses arguments : rassemblement et dynamique d'un côté, cohérence et contrôle de l'autre.

En toile de fond, plusieurs personnalités susceptibles de peser dans la course, à l'image de Raphaël Glucksmann (Place publique), dont la participation dépendra en partie des règles retenues.

L'enjeu : reconstruire une gauche divisée

Ce vote dépasse la seule cuisine interne. Il intervient dans un contexte de recomposition de la gauche, après l'échec des alliances passées et les tensions persistantes, notamment avec La France insoumise. Le PS cherche à peser, à exister face à ses partenaires-rivaux, et à ne pas aborder 2027 en ordre dispersé.

La méthode de désignation choisie dira beaucoup de la stratégie socialiste : jouer l'ouverture pour tenter d'incarner un rassemblement au-delà du parti, ou consolider d'abord sa propre maison avant d'aller vers les autres.

Un pas parmi d'autres

Quelle que soit l'option retenue, elle devrait déboucher, à terme, sur une primaire destinée à départager les prétendants, vraisemblablement à l'automne. Le vote de ce jeudi n'est donc pas la fin du chemin, mais une étape structurante, qui fixe les règles du jeu.

Pour une gauche en quête de leader et d'unité, l'exercice est délicat : trouver une méthode qui rassemble sans se déliter, et désigner un candidat capable de fédérer au-delà des appareils. La route vers 2027 est encore longue, mais elle commence, pour les socialistes, par ce choix de méthode.