Vous avez terminé vos leçons de conduite et vous vous sentez prêt pour l'examen ? Encore faut-il décrocher une date. Partout en France, l'attente pour passer l'épreuve pratique du permis s'allonge, au point d'atteindre, dans certains secteurs, huit à neuf mois. Un goulet d'étranglement qui pénalise les candidats et menace tout un secteur.
Une pénurie d'inspecteurs
Au cœur du problème, un déséquilibre bien identifié : le nombre d'inspecteurs du permis ne suffit pas à absorber la demande. On compte moins de 1 500 inspecteurs pour environ 1,8 million de candidats chaque année, soit une charge de plus de 1 200 candidats par inspecteur. Résultat, les places d'examen manquent, en particulier lors des périodes de forte affluence, au printemps et à l'automne.
Cette tension n'est pas nouvelle, mais elle s'accentue. Les professionnels du secteur alertent régulièrement les pouvoirs publics et réclament des mesures immédiates, estimant que les recrutements annoncés ne suffisent pas à combler les besoins.
RdvPermis, un système sous tension
À cela s'ajoute la question de l'organisation des examens. Depuis 2022, la réservation des places passe par une plateforme nationale, RdvPermis, qui a remplacé l'ancien système d'attribution. Inspirée des outils de prise de rendez-vous en ligne, elle place le candidat au centre du dispositif. Mais un tel outil ne crée pas de places : il ne fait que répartir celles qui existent. Quand les créneaux manquent, la file d'attente numérique s'allonge d'autant.
Pour les candidats, les conséquences sont concrètes : des mois d'attente entre la fin de la formation et l'examen, avec le risque de perdre en aisance au volant, et parfois la nécessité de reprendre des heures de conduite pour se remettre à niveau.
Des auto-écoles fragilisées
Ce sont aussi les auto-écoles qui trinquent. Ces entreprises, souvent de petite taille, vivent du passage de leurs élèves. Or un candidat sans date d'examen, c'est une formation qui s'éternise, une trésorerie qui se tend et un client qui peut se décourager ou se tourner vers une offre en ligne. La profession dit sa crainte de voir des établissements mettre la clé sous la porte.
Face à la grogne, les pouvoirs publics ont annoncé des renforts, avec la création de postes d'inspecteurs supplémentaires étalée sur plusieurs années. Mais ces recrutements peinent à faire plus que compenser les départs à la retraite et les absences. Sans effort plus ambitieux, l'engorgement risque de perdurer, laissant candidats et auto-écoles dans la même salle d'attente.



