Le géant chinois marque le pas. Au deuxième trimestre, la croissance de la Chine a ralenti à 4,3 % sur un an, selon les données officielles rapportées par Reuters. C'est son rythme le plus faible depuis plus de trois ans, et un chiffre inférieur aux attentes des analystes comme au trimestre précédent, où l'expansion avoisinait 5 %.
Une consommation atone
Derrière ce ralentissement, un problème que Pékin peine à résoudre : la faiblesse de la demande intérieure. Les ménages chinois consomment avec prudence, freinés par un marché immobilier toujours convalescent qui pèse sur leur patrimoine et sur leur confiance. Tant que l'incertitude domine, beaucoup préfèrent épargner plutôt que dépenser, ce qui prive l'économie d'un moteur essentiel.
Ce comportement alimente un cercle difficile à briser : une consommation timide tire la croissance vers le bas, ce qui entretient la morosité et pousse encore à la prudence. Les autorités multiplient les mesures de soutien, mais peinent, pour l'heure, à relancer durablement l'appétit de dépense des Chinois.
Des exportations qui tiennent
Tout n'est pas au rouge, cependant. Face à une demande intérieure en panne, les exportations chinoises continuent de soutenir l'activité. Les usines du pays tournent, portées par les commandes venues de l'étranger, ce qui limite l'ampleur du ralentissement. Mais cette dépendance aux marchés extérieurs comporte ses propres risques, dans un contexte de tensions commerciales persistantes, notamment avec les États-Unis et leurs menaces de droits de douane.
Pékin s'était fixé un objectif de croissance de l'ordre de 5 % pour l'année. Le résultat du deuxième trimestre, en deçà de cette cible, met la barre plus haut pour les mois à venir.
Un enjeu qui dépasse la Chine
Ce coup de mou n'est pas une affaire strictement chinoise. Deuxième puissance économique de la planète et atelier du monde, la Chine est un maillon central des chaînes d'approvisionnement. Quand son moteur faiblit, c'est toute l'économie mondiale qui le ressent : moins de demande pour les matières premières, répercussions sur les partenaires commerciaux, effets sur les prix.
Pour l'Europe et la France, très liées commercialement à la Chine, la trajectoire de Pékin n'a rien d'anecdotique. Reste à savoir si ce trou d'air n'est qu'un passage à vide ou le signe d'un essoufflement plus durable. Les chiffres des prochains mois, et l'ampleur des mesures de relance décidées par les autorités, apporteront un début de réponse.



