L'été et ses plaisirs nautiques ont un revers : la multiplication des comportements à risque au large des côtes. Face aux excès de vitesse, à l'alcool et aux imprudences des vacanciers, les gendarmes maritimes sont de plus en plus sollicités, rapporte franceinfo. Une pression saisonnière que la loi vient, cette année, encadrer plus fermement.

Ce que change la réglementation 2026

Longtemps, la mer est apparue comme une zone où la conduite en état d'ivresse échappait aux contrôles routiers. Ce n'est plus le cas. Un décret entré en vigueur en juin 2026 a créé une infraction spécifique d'« ivresse manifeste » à la barre d'un bateau, ainsi qu'une infraction de défaut de maîtrise du navire, détaille le site spécialisé Bateaux.com. Ces manquements relèvent d'une contravention de quatrième classe, assortie de sanctions complémentaires : retrait du permis plaisance, interdiction temporaire de naviguer, voire confiscation du bateau.

Le tournant est venu de l'Assemblée nationale. Le 9 juillet 2026, les députés ont adopté un amendement gouvernemental autorisant les forces de l'ordre à réaliser en mer des tests d'alcoolémie et de dépistage de stupéfiants, comme le rappelle France 3 Nouvelle-Aquitaine. Le seuil retenu est le même que sur la route : 0,80 gramme d'alcool par litre de sang, soit 0,40 milligramme par litre d'air expiré.

Un drame à l'origine du changement

Ce durcissement porte un nom, celui de l'« amendement Benjamin ». Il fait référence à la mort d'un enfant, Benjamin, survenue le 21 mai 2025 sur le bassin d'Arcachon, dans un accident impliquant un pilote qui n'aurait pas dû prendre la barre. Portée par une députée du bassin, la mesure vise à ce que ce drame débouche sur une évolution durable de la sécurité en mer.

Jusqu'alors, un vide réel existait : il était interdit de boire au volant d'une voiture, mais les contrôles équivalents faisaient défaut sur l'eau. C'est cette anomalie que la nouvelle réglementation entend corriger.

Prudence, la mer n'est pas une zone de non-droit

Sur le terrain, les règles de base demeurent. La vitesse est limitée à cinq nœuds à l'approche des côtes, dans la bande des 300 mètres réservée notamment aux baigneurs, et dans les ports. Le reste relève du bon sens : adapter son allure, se tenir à distance des zones de baignade, ne pas prendre la barre après avoir bu.

Pour les gendarmes des mers, l'enjeu de l'été est double : faire respecter ces règles et rappeler qu'un jet-ski ou un bateau de plaisance peut devenir une arme en cas d'imprudence. Le message adressé aux vacanciers est désormais sans ambiguïté : les contrôles existent, et les sanctions aussi.