Il est des dates qui ne redeviennent jamais tout à fait des jours de fête. À Nice, le 14 juillet reste marqué par l'horreur de 2016. Dix ans après l'attaque au camion-bélier qui avait fauché la foule sur la Promenade des Anglais, la ville s'est recueillie ce mardi, lors d'un hommage présidé par Emmanuel Macron.
Le souvenir d'une soirée d'été qui a basculé
Le 14 juillet 2016, alors que des milliers de personnes venaient d'assister au feu d'artifice de la fête nationale, un poids lourd s'était lancé à pleine vitesse sur la promenade, fonçant sur la foule sur près de deux kilomètres. L'attaque, revendiquée par l'organisation État islamique, avait fait 86 morts et plusieurs centaines de blessés, dont de nombreux enfants. Elle demeure l'un des attentats les plus meurtriers de l'histoire récente de la France.
Dix ans plus tard, la douleur reste vive pour les familles endeuillées et pour toute une ville marquée à jamais. C'est ce deuil, autant que la mémoire collective, que la cérémonie de ce 14 juillet est venue honorer.
« Aucun d'entre nous n'a oublié »
Devant les proches des victimes et les autorités, le chef de l'État a livré un message centré sur la mémoire et la fidélité au souvenir. « Aucun d'entre nous n'a oublié, n'oublie et n'oubliera », a déclaré Emmanuel Macron, selon Le Parisien, une formule adressée aux familles comme à la nation.
La cérémonie, organisée dans la soirée, a réuni victimes survivantes, familles, secouristes et élus, dans un moment de recueillement collectif. Un temps suspendu, à distance de la liesse habituelle du 14-Juillet, pour rappeler que derrière chaque commémoration se tiennent des vies brisées et des absences qui ne se comblent pas.
Une mémoire qui se transmet
Au-delà de l'émotion, cet anniversaire pose la question de la transmission. Une décennie a passé : une partie de ceux qui découvrent aujourd'hui l'histoire de cette nuit n'étaient pas nés ou trop jeunes pour s'en souvenir. Perpétuer la mémoire des victimes, sans instrumentaliser leur drame, reste un exercice délicat, que les associations de victimes et les pouvoirs publics s'efforcent de mener depuis dix ans.
Nice, ville meurtrie, a fait de ce combat contre l'oubli une part de son identité. Ce 14 juillet 2026, entre gravité et dignité, elle a redit son refus de laisser le temps effacer les visages de celles et ceux qui ne sont pas rentrés.



