Le cinéma perd l'un de ses seconds rôles les plus élégants, devenu par accident une star planétaire. Sam Neill, acteur néo-zélandais, est mort le 13 juillet à Sydney, en Australie, à l'âge de 78 ans, ont rapporté CNN et l'ensemble de la presse internationale. Sa famille a décrit une disparition soudaine, survenue alors qu'il se disait débarrassé du cancer qui le rongeait depuis plusieurs années.

Un paléontologue entré dans la légende

Pour des centaines de millions de spectateurs, Sam Neill restera à jamais le docteur Alan Grant, le paléontologue bougon et sceptique de Jurassic Park, le film de Steven Spielberg sorti en 1993. Un rôle qu'il reprendra près de trente ans plus tard dans Jurassic World, refermant la boucle d'une saga devenue phénomène culturel.

Ce personnage lui collait à la peau, mais il serait injuste de le résumer à lui. La même année 1993, Neill donnait la réplique à Holly Hunter dans La Leçon de piano de Jane Campion, drame couronné à Cannes et aux Oscars, où il incarnait un mari rigide et blessé. Quelques années plus tôt, il avait affronté Nicole Kidman dans le huis clos maritime Calme blanc (1989), thriller qui avait contribué à révéler la jeune actrice australienne.

Une carrière sans frontières

Né en Irlande du Nord et élevé en Nouvelle-Zélande, Sam Neill avait bâti une carrière à cheval entre l'hémisphère sud, Hollywood et l'Europe. On l'a vu dans des films d'auteur comme dans des productions grand public, et plus récemment à la télévision, notamment dans la série britannique Peaky Blinders, où il campait un inspecteur retors face aux frères Shelby.

Réputé pour sa discrétion et son autodérision, il cultivait une image d'artisan plus que de star, fuyant les grands numéros. Cette sobriété, alliée à une présence naturelle, lui a valu la fidélité de cinéastes très différents et l'affection d'un public transgénérationnel.

Le vigneron de Central Otago

Il y avait aussi, chez Sam Neill, un homme attaché à sa terre. En Nouvelle-Zélande, il avait fondé au début des années 1990 un domaine viticole, Two Paddocks, dans la région de Central Otago, réputée pour ses pinots noirs. Il en parlait volontiers avec plus de passion encore que de ses films, cultivant la vigne comme un second métier, loin des plateaux.

Diagnostiqué d'un cancer du sang en 2023, il avait traversé la maladie sans en faire mystère, avant d'annoncer une rémission. Sa mort, survenue peu après, a suscité une vague d'hommages dans le monde du cinéma, saluant un acteur rare : capable de tenir tête à un tyrannosaure comme à Jane Campion, sans jamais se départir de son flegme.