C'est un 14-Juillet placé sous le signe des armes. Pour son dernier défilé en tant que président, Emmanuel Macron a voulu une édition « massive », entièrement tournée vers la défense et le réarmement de la France, rapporte franceinfo.
Un défilé « massif »
Sur les Champs-Élysées, la démonstration de force est spectaculaire : près de 6 700 militaires défilent à pied, accompagnés de 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules, détaille franceinfo. Le chef de l'État a promis « un défilé historique », après avoir passé les troupes en revue en début de matinée.
Autour de l'événement, le dispositif de sécurité est à la hauteur de l'affluence attendue : quelque 7 000 policiers et gendarmes sont mobilisés à Paris pour la journée.
Le thème du « réveil stratégique de l'Europe »
Cette édition n'a rien d'anodin dans sa mise en scène. Le défilé est placé sous le thème du réveil stratégique de l'Europe, mettant en avant l'autonomie de la défense française et la nécessité, pour le continent, de se réarmer face aux menaces.
Le message d'Emmanuel Macron est martial. Le président a affirmé que « la France est prête à défendre la liberté et le droit, au prix du sang, s'il le faut ». Une formule qui résume la tonalité d'un quinquennat de plus en plus centré, sur la fin, sur les questions de défense, dans un contexte de guerre en Ukraine et de tensions internationales.
Les alliés européens à l'honneur
Signe de cette orientation, la dimension européenne est très présente dans le cortège. Au total, 35 pays de la « coalition des volontaires », qui rassemble des États engagés en soutien à l'Ukraine, sont représentés. Des défilants venus de chacun de ces pays, ainsi qu'un détachement de militaires ukrainiens, participent au défilé.
Une façon d'incarner, en images, l'idée d'une Europe de la défense que Macron appelle de ses vœux, et d'afficher la solidarité du continent avec Kiev.
Un symbole politique pour une fin de mandat
Ce dernier 14-Juillet du double quinquennat prend forcément une valeur de bilan. En faisant du réarmement le fil conducteur de la fête nationale, le chef de l'État cherche à graver dans les esprits l'image d'un « président du réarmement », soucieux de laisser en héritage une France et une Europe mieux armées.
Reste que ce choix, très assumé, n'est pas sans susciter de débats. Entre ceux qui saluent une prise de conscience nécessaire et ceux qui s'inquiètent d'une militarisation du discours public, le défilé de cette année illustre, au-delà du faste, une bataille bien politique sur l'avenir de la défense française et européenne.
Une fête populaire, malgré tout
Au-delà des symboles, le 14-Juillet reste un rendez-vous populaire, suivi par des milliers de spectateurs sur place et des millions de téléspectateurs. Bals, cérémonies et festivités rythment la journée partout en France, même si, cette année, la canicule et le risque d'incendie ont conduit de nombreuses communes à renoncer à leurs feux d'artifice.
Sur les Champs-Élysées, c'est bien la puissance militaire qui aura tenu le haut de l'affiche. Un dernier défilé pensé comme un message, autant qu'une tradition.



