Le marché du pétrole a rappelé, ce 14 juillet, à quel point il reste suspendu à la géopolitique. Le baril de Brent, la référence européenne, a repassé la barre des 85 dollars, selon plusieurs places financières. Un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis des semaines, après une longue période de relative accalmie autour de 70 à 75 dollars.

L'Iran, encore et toujours

La cause de cette flambée est à chercher au Moyen-Orient. Le regain de tension entre Washington et Téhéran, avec une nouvelle série de frappes américaines contre l'Iran, a ravivé la peur d'une interruption des approvisionnements. Les investisseurs scrutent en particulier le détroit d'Ormuz, ce passage stratégique par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, désormais perçu comme une zone de perturbations durables.

À cette inquiétude s'ajoute la perspective de mesures qui renchériraient le transport maritime dans la zone. Le marché, qui avait progressivement effacé cette « prime de risque » au fil des dernières semaines, l'a brutalement réintégrée dans les prix. Résultat : une hausse rapide, typique des à-coups provoqués par les crises militaires.

Faut-il craindre pour le plein d'essence ?

C'est la question que beaucoup se posent en pleine période de vacances et de grands départs. La réponse, rassurante à court terme, tient à la structure même du prix à la pompe en France. Une part majoritaire de ce que vous payez pour un litre d'essence n'a rien à voir avec le cours du brut : ce sont les taxes, à commencer par la TICPE et la TVA, qui pèsent le plus lourd.

Concrètement, une hausse du Brent ne se répercute que sur la fraction « brut, raffinage et marge » du prix. Même une flambée marquée du baril ne se traduit donc, à la pompe, que par quelques centimes de plus, et souvent avec un décalage de plusieurs jours ou semaines. Les opérations de carburant à prix coûtant menées par la grande distribution en début de mois amortissent d'ailleurs une partie de ces à-coups.

Le vrai risque est ailleurs

Le danger, s'il existe, n'est pas tant dans le réservoir que dans l'ensemble de l'économie. Une aggravation du conflit qui entraverait durablement le détroit d'Ormuz ferait grimper les coûts du fret maritime et renchérirait, de proche en proche, une large gamme de produits importés. C'est ce scénario d'une inflation qui repart par le canal de l'énergie que surveillent les banques centrales.

Pour l'heure, rien ne dit que cette hausse s'installe. Les marchés du pétrole ont déjà montré, ces derniers mois, leur capacité à digérer les chocs et à refluer une fois la tension retombée. La Bourse de Paris, elle, a terminé ce 14 juillet dans le rouge, signe que la nervosité géopolitique déborde largement le seul marché de l'or noir.